Espagne

Montsoriu Arbucies 2007 Espagne (Catalogne)

Posté par ruine le janvier 11, 2010

Il est souvent difficile d’admettre qu’un endroit ait pu représenter un centre économique et culturel. C’était au XIIIe et au XIVe siècle, depuis la forêt a gagné chaque versant des collines voisines. Maintenant tu te sens bien seul, à 650m  Montsoriu domine un paysage forestier duquel émerge à plusieurs dizaines de kilomètres la citadelle d’Hostalric. Ne cherchez pas la mer, le château contrôlait les routes d’accès au littoral et a toute cette région montagneuse. Le site est occupé depuis le IXe, des traces de bâti des X et XIe sont encore visibles dans la partie Ouest : la chapelle primitive, une tour et un corps d’habitation. C’est au XIIe que les principaux bâtiments sont élevés, le grand corps de logis flanqué de tours circulaires s’étire sur 75 m. Une nouvelle phase de construction au XIVe transforme l’austère forteresse en « palais », salle de réception, nouvelle chapelle. La ruine est conséquente, mais il est à craindre que l’on se contente d’en faire le tour durant de longues années, des travaux importants sont en cours. Ca flaire la grande restauration d’autant que le site est accessible aux voitures, nous pouvons nous inquiéter du résultat final. Toute la sommité de  l’arête est occupée, il y avait trois enceintes, la première que nous contemplons depuis un large boulevard repose sur un glacis, la seconde enserrait une cour d’armes, enfin dernier réduit, l’agglomérat fortifié des logis. La promenade des remparts est suffisamment riche pour compenser la frustration de ne pouvoir pénétrer dans le château. L’état de rune s’amorce au XVe, le château est demeuré longtemps dans la famille Cabrera, dont l’embellie coïncide avec celle du royaume d’Aragon. Deux siècles d’or, XIIe au XIVe pendant lesquels toute la région profite de la puissance maritime des comtes de Barcelone. L’accès automobile est privé, depuis la route un sentier monte dans un maquis de chênes verts, la grue sert de fanal, en une demie heure vous serez sur le boulevard face au glacis et vous tenterez de faire abstraction des infrastructures de chantier qui, malgré leur ampleur sont relativement discrètes. L’intérieur reste impénétrable, le site pourrait être habitable. R.C

Montgri 2007 Espagne (Catalogne)

Posté par ruine le décembre 18, 2009

Un ballon pelé couronné d’un cube, presque irréel ou trop réel. L’image parfaite, comme dans le dessin du môme qui campe son château crènelé sur son trait arrondi. Surdimensionné, il paraît si proche alors qu’il faut une bonne heure pour parvenir au sommet depuis les faubourgs de Toroella. C’est un édifice intact et inachevé qui se visite librement, la qualité de la construction et l’exagération de ses dimensions ont certainement contribué à sa conservation. Le château d’un roi, celui d’Aragon, dont la suprématie s’étendait sur toute la Catalogne et une grande partie de la côte méditerranéenne. Menacé par la famille vassale qui contrôle Empuries, il mandate le gouverneur de Toroella de construire un fort sur la montagne de Montgri. Les travaux durent 7 ans de 1294 à 1301, le conflit familial s’éteint, la forteresse qui devait contrôler les accès maritimes ainsi que les routes côtières perd tout intérêt stratégique et se fait oublier. A cette époque, le royaume aragonais dirigé par des Catalans s’étendait de Narbonne à Valence en passant par la Sicile et la Sardaigne.
La structure philippienne est parfaitement posée, un quadrilatère de 31 m de côté flanqué de quatre tours d’angle. Pas d’originalité, surtout de l’austérité, typique  des constructions médiévales hispaniques, hautes courtines aveugles percées de deux rangs réguliers d’archères. Un bel ouvrage militaire, plutôt basique, qui compte principalement sur l’épaisseur et la hauteur de ses murs, les quatre bretèches implantées au milieu de chaque courtine font économiser un rang de mâchicoulis. Dans les tours, les archères sont placées pour le tir rasant et croisé, au total, trois étages de défense avec des alignements de postes de tir au sol, à plus de 6 m et au couronnement à environ 11 m. De tous ses côtés, le château est accessible, pas de fossés, néanmoins nous pouvons admettre que l’ennemi arriverait toujours à découvert. La seule porte n’a de défense que la bretèche qui la surplombe, enfin un seul élément décoratif au milieu de cette grandiose grisaille, une étroite baie gothique fendue par une élégante colonnette.  A l’intérieur, la carcasse est vide, tout est prêt pour recevoir les bâtiments de logement, arrachements, départ de voûtes, le pavement central permet d’apprécier leur emprise au sol. A l’intérieur de chaque tour, un escalier desservait les étages et le chemin de ronde. Tout en haut sur la périphérie, point de vue panoramique sur la plaine côtière, le golfe de Roses, les îles Medes et à l’est les contreforts montagneux. En bonus sur la butte de Montgri : la carrière qui a servi pour la construction, un puits et sur le versant Nord, à flanc de coteau, une grande citerne bizarrement éloignée des pieds de la muraille. R.C.

Palafolls 2007 Espagne (Catalogne)

Posté par ruine le décembre 3, 2009

château de Palafolls

Château de Palafolls Catalogne

En dessous, le côté populo Jekill avec du béton, des campings surpeuplés, des night-clubs surdimensionnés, la chaleur, le musée Dali à Figueiras, le porto frelaté de la Junqueras, les villages poussiéreux et commerciaux pour le tourisme de masse. Des vacances de « rêve » dont on ne se vante plus. Derrière, débute le Hide, un soupçon plus culturel qui pousse le touriste à s’aventurer sur les contreforts montagneux où depuis les routes en corniche la mer paraît encore plus bleue. Une virée à Gerone, la ville médiévale pas trop tapageuse à l’abri des grandes voies d’accès. Banalement, l’arrière pays a longtemps été oublié au profit des plages, montez d’abord à Ullastret, Hostalric, deux villages fortifiés parmi d’autres, dans la montagne vous trouverez abbayes, ermitages et châteaux, L’origine étymologique du mot Catalogne proviendrait de castel, château en languedocien. Pour se défendre des invasions muslims la région s’est constituée une barrière d’ouvrages fortifiés. Le site de Palafolls n’est pas perdu dans la montagne, mais planté sur la première colline juste au-dessus de la plaine côtière de Blanès. Une vraie station touristique avec du béton et des campings. La période d’occupation correspond à celle de la plupart des autres sites du Maresme entre les XIIe et XIVe, sans adaptation à l’utilisation des armes à feu. La ruine, de belle taille, occupe toute une longue protubérance rocheuse. Plus exposé, le front Nord-Est, est défendu par un haut mur bouclier derrière lequel s’abritait toute la partie habitée. J’ai pu discerner au moins deux niveaux d’enceinte avec un premier ouvrage avancé, châtelet d’entrée ou barbacane qui barrait l’accès à la porte. Un bel assommoir bien restauré semble le seul élément défensif de l’accès principal. A l’intérieur, l’enchevêtrement de murs et d’arches qui s’étagent sur l’escarpement rendent délicat leur attribution. Les logis devaient être accolés aux courtines, dégageant ainsi un espace de circulation. A mi-pente deux bâtiments sont encore couverts, peut-être une citerne et une chapelle qui vient de bénéficier d’une restauration intégrale. Aucun élément décoratif ou remarquable, toujours l’austérité hispanique, dépouillement augmenté par des rafales. Les points de vue sur la ruine sont nombreux ; depuis le sommet de la partie habitée, sur le flanc Nord une poterne ouvre sur une petite terrasse. Tu peux gravir les restes d’une grosse tour ronde pour une vue panoramique couvrant toute la forteresse avec la mer en fond. Au sud ouest, la longue basse cour s’étend jusqu’à l’extrémité de la falaise, des courtines flanquées de tours carrées la bordaient. L’une d’elles, largement modifiée est agrémentée de superstructures métalliques signifiant son volume primaire. Aujourd’hui la muraille Est est arasée, de lourds et libres travaux dans l’interprétation de l’existant ont été entrepris. Ces restaurations auraient profité de quelques largesses de bétonneurs voisins, elles ne semblent pas terminées.Si le château est visible de toutes parts, son accès n’est pas fléché,  Par le côté Est depuis Blanès, sur la nationale pénétrante, en vue de l’éminence du site  empruntez une petite route qui monte vers le village de Palafolls, le chemin se poursuit jusqu’aux pieds des murailles. R.C.

Quel 2003 Espagne (Rioja)

Posté par ruine le janvier 3, 2008

Quel Arnedo Rioja Espagne

Quel Arnedo Rioja Espagne

A cinq kilomètres à vol d’oiseau d’Arnedo un ouvrage isolé domine les plateaux : une simple petite tour et son enceinte dans une monochromie d’ocres rouges. Accompagné par les vautours qui planent à dix mètres au-dessus de ma tête j’emprunte un chemin carrossable depuis la route 123 qui monte sur le plateau, pour finir à pied sur à peine 100 m. D’autres bestioles planent en circonvolution autour de la tour, sur le plateau le vent souffle en rafale, il fait froid et le soleil d’hiver rougit l’ensemble.
Le château est au bord d’une falaise, à ses pieds un village rue serpente, charmante vision gâchée immédiatement par des constructions industrielles navrantes. J’avais bien repéré la silhouette du site, belle allure au lointain, complétée par un isolement presque total, seules deux ou trois fermes perdues dans la sierra. Abandon total et depuis longtemps visiblement l’ouvrage est un poste défensif sans doute rattaché à la forteresse voisine. Les vestiges du couronnement laissent encore apparaître les culots de tourelles d’angle, peu d’ouverture dans la muraille hormis un rang de meurtrière au raz du sol.
On pénètre d’abord dans un édicule attenant à la tour, une baie romane à double arc reposant sur une colonnette est obturée, le parement est tombé dévoilant une construction en galets et mortier ocre rouge.
A l’intérieur de la tour les planchers ont disparus, l’escalier d’accès aux étages est logé dans l’épaisseur du mur, tout de suite à droite de la porte d’entrée. Au troisième et dernier niveau un arc surmontait une baie importante, les murs attestent de quelques éléments de confort notamment plusieurs niches, dont une parfaitement voûtée en plein cintre. La construction pourrait être contemporaine de l’époque faste d’Arnedo sous la férule sarrasine, soit au XIIIe. R.C.

Arnedo 2003 Espagne (Rioja)

Posté par ruine le janvier 3, 2008

Arnedo Rioja Espagne

Arnedo Rioja Espagne

Arnedo, ses trois églises, son château, bourgade industrielle numéro un dans la production de chaussures, dans la province de Rioja. Climat continental, terre aride de montagne où l’hiver il y fait un froid de canard et la bise souffle la mort, souvenirs de la guerre civile. Au pied du tertre rouge qui supporte les restes de la forteresse, la vieille ville de pierres ocres, ceinte de cités blanches construites après la guerre, grouille. Ambiance populeuse qui flaire encore bon les émeutes de 36. Sur les crêtes des alentours, les éoliennes brassent pesamment dans le ciel violacé et les vautours tournoient autour de la dernière tour du château. Si les vestiges paraissent impressionnants, la visite sera brève la majeure partie du site est inaccessible, un épais grillage empêche de pénétrer dans l’enceinte, mais il est aisément franchis. Hormis le mur d’enceinte et une tour, peu de choses, le site a été trop fréquenté, les salles troglodytiques fermées par de puissantes grilles sont vraiment impénétrables. Pourtant, le tertre semble être un vrai gruyère, le pourtour est constellé de cavités, des souterrains partaient de là vers la ville basse. Compensation, un point de vue sur la vallée et l’ancienne cité dans son jus quotidien, sans restauration type “patrimoine mondial Unesco”. Jusqu’au XVIe, des remparts bordaient toute la cité avec de pittoresques ruelles médiévales largement ouvertes aujourd’hui.
La première occupation de la colline d’El Castillo est romaine, un ouvrage fortifié défendait d’importantes voies de circulation. Quand les Sarrazins s’installent dans la région au VIIIe, ils rebâtissent un château qui sera remanié au fil des siècles, principalement au XIIe et au XIVe. Il aurait eu une fonction stratégique dans la campagne de reconquête de l’Espagne au XVe, sans usage il est abandonné au XVIe. Inutile de faire un détour pour visiter cette place, de surcroît la ville ne resplendit pas par sa douceur de vivre, en revanche pour les amateurs de bons vins, de vautours nichant dans les  falaises et de profonds canyons, les environs d’Arnedo sont généreux. R. C.

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