France

Beynes 2010 France (Yvelines)

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Au fond de sa cuvette, l’apparence est celle d’un encombrant monticule de pierres ou d’un monument écorché. Hormis sur le châtelet principal, tous les parements ont disparu. Dépeçage et recyclage font le beurre des Pontchartrin, propriétaires au XVIIIe. Jusqu’au début du siècle, la fortune avait souri à la forteresse qui, depuis la fin du XIe n’avait cessé de s’étendre et de se moderniser ; de la motte castrale avec son fortin en bois, aux élégants pavillons de Philibert de l’Orme. Toutefois l’allure médiévale maintenue en substructure ne cadrait plus vraiment avec les standards de l’époque des lumières. Beynes s’est empâté avec le temps, en voulant répondre au développement des armes. Au fil des siècles, les fortifications s’étoffent pour devenir un gros camembert sans cour intérieure, juste une allée traversant d’est en ouest qui relie deux châtelets. Premiers aménagements en dur au XIIe, construction d’une enceinte qui protège la motte, neuf tours semi cylindriques lui sont adjointes avant la fin du siècle. Plus basse, la seconde enceinte flanquée de tours borde un fossé dont la contrescarpe est maçonnée ; des dispositifs dignes d’un prince, voire royaux pour l’époque. La position du château défend le petit royaume des Capet, depuis la vallée de la Mauldre la Normandie anglaise est à deux pas, Philippe Auguste n’a pas encore récupéré les Andelys. Reprise des travaux au XVe, l’avènement de l’artillerie induit l’arasement du donjon avec la construction d’un logis, couverture des anciennes braies. Entre les deux enceintes court un couloir de casemates, surmonté d’un boulevard d’artillerie, enfin pour narguer les tirs des bombardes et couleuvrines l’ancien fossé s’élargit de 30 m. Annonce de temps meilleurs lors de la construction des deux pavillons renaissance sur le boulevard devenu une promenade. Ph de L’Orme s’y attelle, mandaté par Diane de Poitiers, propriétaire de Beynes en 1556 à la faveur de sa relation avec H II. De près et d’un peu moins, Beynes est mêlé au destin royal, depuis 998 avec Robert le Pieux, les Montfort du XIe au XIVe, avec le bref passage anglais pendant la Guerre de Cent ans. Au XVe, les Estouteville modernisent puis vendent au début du XVIe au chancelier de François 1er, ce dernier le récupère et l’offre à sa favorite. Retour dans le giron royal, don à Diane de la part d’H II. Il demeure dans la famille de Brézé jusqu’à une nouvelle vente au milieu du XVIIe, viennent Les Béthune, enfin les Pontchartrin en 1709. A la fin du XIXe, la famille d’Harrincourt hérite d’une ruine recouverte de lierre. La sauvegarde débute dans les années 60, elle n’en finit pas. L’intérieur du site, que je n’ai pu visiter, comporte de nombreux et riches détails éclairant sur l’évolution des systèmes défensifs. La barbacane, en plein milieu du fossé, distribue les deux accès du châtelet : aux pieds des murailles et au niveau de l’allée centrale, un seul pont la relie au sommet de la contrescarpe. Les neuf tours sont voûtées sur les deux premiers étages, le troisième est à ciel ouvert, particularité, aucune circulation interne. Il n’existe pas d’escalier, Les paliers sont exclusivement accessibles, soit par le couloir des casemates, par le boulevard ou le chemin de ronde. Vous remarquerez qu’il subsiste quelques belles arbalétrières/canonnières spécialement dessinées pour le tir avec des couleuvrines ou des petits canons. L’inventaire ne fait que commencer, rendez-vous sur place pour la suite. RC

Olivet – Grimbosq 2010 France (Calvados)

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Le « château » éphémère, d’une résidence de petits seigneurs, fraîchement installée en Normandie. En provenance de l’Anjou, la famille porte le nom de Taisson. L’histoire se déroule au milieu du XIe ; Raoul, le père, à deux fils devenus ennemis. Raoul II, l’aîné, est installé à Mutrécy le village voisin, Erneis le cadet occupe l’éperon d’Olivet. Raoul reste le plus connu, essentiellement pour sa participation à la conjuration contre le jeune duc de Normandie, le futur Guillaume « Le Conquérant ». Ils seront défaits à Val lès Dunes en 1047. Les objets ainsi que les vestiges relevés lors des fouilles attestent d’une occupation qui ne s’éternise pas au-delà du XIe. A présent en pleine forêt, l’implantation ne reflète pas celle d’il y a presque mille ans, la vue depuis la tour contrôlait la vallée de l’Orne tout en dominant deux petites rivières confluentes, celle du Coupe-Gorge et du Grand Ruisseau. Une disposition classique avec un éperon barré protégé par un fossé, puis par une levée de terre. Dans une première basse-cour : la forge et l’écurie, au centre la motte artificielle défendue par un fossé circulaire, enfin au bout de la plateforme une seconde cour avec la partie résidentielle. Le site proposé à la visite est une reconstitution au coeur d’une zone touristique parfaitement aménagée, il est intelligible par tous les publics. L’affaire ne manque pas d’attrait, l’imagination peut travailler, les vestiges du XIe représentent surtout des travaux de terrassement : les fossés, le rempart de terre, la motte et les deux terrasses. Les fouilles ont permis l’exhumation de divers objets « aristocratiques » tels que : bijoux, pointes de flèches, éperons, pions de jeux. Quelques portions de murets de pierres sèches mises à jour parfaitement reconstituées donnent les bases des trois bâtiments de la basse-cour Nord, cuisine, chapelle et résidence, ces fondements supportaient un ouvrage en bois. Sur la butte centrale, juchée sur des pilotis, trônait la tour de guet en bois, reliée à la basse-cour résidentielle par un long plan incliné. Une pile centrale dont la base est toujours visible supportait l’ensemble. Controverse sans suite, une mention fait référence au titre de propriété d’un « châtelain d’Olivet » au XVIIe… L’analyse rapide des vestiges, l’absence d’élévations maçonnées ne prêchent pas pour une vie résidentielle et seigneuriale sur un pareil site à l’époque moderne.
En poursuivant la promenade dans la forêt de Grimboscq, à quelques kilomètres toujours en pleine forêt, les vestiges d’un autre château sont mentionnés sur certains plans et cartes. Il se trouve en bordure du GR 36 en direction du village de Grimboscq. Inutile de s’exciter, seul un œil averti peut déceler la levée de terre d’un mètre cinquante de haut qui forme un quadrilatère d’environ 25 mètres de côté. La surface est entièrement recouverte de ronces et de fougères, aucune trace de fouilles, nulles pierres ou éléments de maçonnerie, simplement un fossé bien taluté. L’état du terrassement est régulier, la plateforme centrale ne comporte pas de protubérance. Je n’ai trouvé aucune attribution, à peine l’évocation sur la localisation d’un site archéologique. L’endroit pourrait être contemporain d’Olivet, les Taisson s’appuyaient sur plusieurs ouvrages dans les environs. Le rempart de terre pouvait supporter une palissade de pieux flanquée de tours de guet. R.C.

La roche Guyon 2009 France (Val d’Oise)

 

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Des histoires pour tous. Au IIIe siècle, une chapelle troglodytique commémore le martyr de Saint Nicaise décapité dans les environs. Le cardinal de Rohan l’aménage et la reconsacre au XIXe. 1944, dans le socle de la falaise, Rommel creuse son QG. En 1109, tentative de prise par les Normands qui assassinent le duc et sa famille, intervention royale salutaire. Domination anglaise à l’issue du siège de 1419, ils y séjournent 30 ans, à la reconquête l’incorporation au royaume dévalue l’intérêt stratégique, fin de l’ère militaire. Pendant le XVIIIe, Madame d’Enville et son père le duc de la Rochefoucauld transforment la forteresse médiévale en palais. Lieu de villégiature proche de Paris, il accueille lettrés et penseurs jusqu’à la fin du XIXe. Le lecteur de Bandes Dessinées retrouve dans « le piège diabolique » de E.P. Jacobs, les ruelles et le vieux donjon qui surplombe depuis la crête la Seine et son île. Tout paraît débuter dans la falaise avec un calcaire tendre, facile à creuser, le premier château est en négatif ! Invisible, sans prestige, mais efficace avec sa vue imprenable sur une large boucle de la Seine, voie de passage incontournable entre la Normandie et le royaume. La Roche-Guyon appartient à la rive Est de l’Epte, en zone frontalière sensible la position stratégique implique les grands aménagements du XIIIe, en haut et en bas de la falaise. Dès la fin du XIIe, les travaux se portent sur la crête, construction d’une tour de cinq niveaux pour 35 m de hauteur. Démolie en 1793, elle culmine toujours à 18 avec seulement deux étages. Une double enceinte la protège, le premier rang se considère comme un mur chemise surtout en direction du plateau, à peine deux mètres distancent les parois. La seconde enceinte un peu plus large, ménage une petite basse-cour qui s’approche au plus près de la falaise. L’accès au donjon s’effectue traditionnellement au premier étage, à l’intérieur pas de voûtes simplement des planchers. Depuis la terrasse, une belle vue verticale sur l’ensemble du château illustre toute l’histoire de son développement, du XIIIe au XIXe. La ruine est passablement entretenue pour annihiler tout émoi, heureusement l’escalier souterrain glisse un peu de mystère, si tu l’empruntes seul. L’ouvrage reliait le poste de défense du plateau au nouveau château bas. Construit au niveau du fleuve, adossé à la falaise, muni de tout l’attirail militaire du XIIIe il disparaît en partie sous les ajouts et plaquages des XVIIe et XVIIIe. De la fortification, plusieurs stigmates demeurent visibles, amusez vous à retrouver des traces de herse, d’assomoir ou du chemin de ronde. Je recommande la visite de La Roche-Guyon en hiver, le site vide de touristes suinte le calme humide du fleuve et de ses brumes, les souterrains restituent toute la chaleur de la terre. R.C.

Montcornet 2010 France (Ardennes)

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Tout autour, d’humbles maisons ardennaises donnent la mesure au gigantisme de la forteresse. Un mastodonte de pierre isolé sur un éperon. La métaphore n’est pas vaine, en voici ses principales dimensions : le rocher pointe depuis le nord vers le sud sur 170 m et 50 de large, la masse du corps d’habitation fait ses 50 sur 50, enfin aux trois niveaux encore perceptibles, il faut y ajouter un quatrième, sans oublier des toitures suffisamment pentues et recouvertes d’ardoises. A la fin du XVe, la « bête » est défendue comme un porte-avions, à Montcornet toute la modernité des systèmes défensifs est représentée. Riche, longue et éloquente liste : boulevard défendu sur 3 niveaux par 18 archères et bouches à feu, châtelet, double pont-levis dont un piétonnier à bascule, gaine de circulation avec des postes de tir à la base des murailles, à tous les niveaux des canonnières certaines avec évents, tour à orillons et plateforme d’artillerie. A l’extrémité Sud, la dernière tour mesure plus de 16 m de diamètre sur 4 niveaux, isolée de la basse-cour par un fossé, et fermée par un pont-levis. Le site géologique est remarquable, un simple fossé au nord détache le long rocher du plateau. L’occupation dès le néolithique semble confirmée, suivent les périodes gauloise et romaine, enfin sous les Carolingiens lorsque naissent les premières infrastructures militaires. Durant les Xe et XIe siècles des seigneurs du Porcien engagent des travaux de fortification, s’appelaient-ils déjà Montcornet ? Ces derniers tiraient leur richesse de forêts au nord et d’un péage installé sur la Meuse à Deville, vers le sud ils possédaient les plaines agraires de la Sormone. La lignée, depuis Hugues, se poursuit jusqu’en 1295. A l’occasion d’un mariage, les Miles de Noyer deviennent propriétaires, pauvre famille qui s’implique dans la Guerre de Cent Ans et se ruine en rançons. En 1446, la seigneurie se vend avec le château en mauvais état, à Antoine de Croy. Ce que tu contemples actuellement date de cette période. Tour à tour les propriétaires contracteront des alliances avec le duché de Bourgogne et le royaume, le domaine se situe à mi-chemin, entre un Hainaut bourguignon et une Champagne française! Cette place stratégique ne semble pas avoir souffert de sièges ou de combats, elle passe d’une main à l’autre par alliance ou rachat. Ainsi, Charles de Gonzague à la belle époque de Charleville acquiert le château, dans la seconde moitié du XVIIIe il parvient au duc d’Aiguilllon qui le fait démantelé. Abandonné, il végète, les pierres s’échappent, redécouvert par le curé du village au milieu du XXe siècle, des chantiers de jeunes s’organisent pour déblayer la cour et les boyaux. Humble renaissance sans fastes et sans grands moyens, il se conserve comme une belle ruine. Un peu à l’écart, Montcornet appartient aux chemins du « Pays où l’on n’arrive jamais », traversé seulement par la départementale secondaire qui relie Arreux à Renwez, d’autres voies existaient, aujourd’hui elles finissent par se muer en chemins boueux un peu gras. Ici, il pleut souvent. Fermé en hiver, un peu plus ouvert à la belle saison. R.C.

La tour du meix 2010 France (Jura)

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Route d’Orgelet vers Moirans, Alt 520 m. Un front de mur percé de quelques grandes ouvertures émerge d’une crête boisée, en surplomb du village. A peine 10 mn pour rejoindre la plateforme, l’éperon est barré au nord. Le site fait partie de la ligne de défense, déjà évoquée pour Onoz et Coutterez, qui borde la route pénétrante, menant depuis Genêve vers la Bourgogne. Dès le IXe, le prieuré de Saint Christophe, dont l’actuelle église fait partie, se fortifie. Un ouvrage en bois sur l’éperon s’imagine, à quelques kilomètres, à Largilay une tour sur pilotis dominait la nécropole. Le premier château date du XIIe, l’abbé de Saint Claude en autorise la construction à Aymon de Revigny, mais son fils reniant tout lien de suzeraineté entraîne la région dans une guérilla, achevée par la destruction du château. A cette époque le bâti se situe sur la motte la plus élevée, avec un donjon et un logis accolé. Au milieu du XIIIe, l’abbaye recouvre son bien et le reconstruit. Certainement malmené lors du passage des troupes de Louis XI en 1479, le château est réaménagé. La partie Sud, la plus emblématique aujourd’hui, porte encore les stigmates d’un raffinement dans la maîtrise d’œuvre. L’édifice agrandi par un long corps de logis de 45 m sur 8 s’éleve à plus de 20 m, il sert de résidence aux abbés ainsi qu’à leur sulfureuse suite. Le palais remarquable, ouvre sur la vallée qu’il domine. Il offre aujourd’hui les plus beaux vestiges, parfaitement remaçonnés ils jouissent d’un entretien régulier. Au registre des détails architecturaux marquants, quatre grosses consoles constituées de pierres bouchardées s’avancent sur le vide, elles devaient supporter une galerie et ménager un point de vue exceptionnel. Sur la butte primitive, le vieux donjon et ses dépendances sont submergés de végétation. En effectuant le tour de l’enceinte du côté Est, à travers les buis apparaît un reliquat de muraille, elle protégeait le château d’une prairie en contrebas certainement occupée par des constructions au Moyen-âge. La ruine survient après la guerre de Trente ans, en 1637 le duc de Longueville occupent la Tour du Meix, village, moulin, église et palais sont incendiés. Certaines pièces restent entretenues pour entreposer les revenus de la Dîme durant plusieurs années. R.C.

Présilly 2010 France (Jura)

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Décidément les environs d’Orgelet sont prodigues en ruines, le bourg lui-même anciennement fortifié, t’engage à déambuler vers ses manoirs ou ses vastes maisons grises. Une remarquable austérité règne sur ces hauts plateaux qui s’efface sous la neige et le soleil. Simple détour afin de bâtir l’ambiance, celle de la fin étirée d’une belle journée d’hiver, quand le soleil disparaît derrière la forêt, laissant se noircir les blocs du champ de ruines. Soudain, un bruissement lourd suivi d’un hululement t’avertissent, ce n’est plus ton heure. Pourtant, il s’agit certainement de la plus opportune, à la vue des infrastructures festives en bois cartonnées disséminées sur le terre-plein. Avec peu d’imagination, elles te propulsent dans l’ambiance du fort au XVe, des cabanes et des cases entassées à quelques pas des remparts. Présilly revient de loin selon Henri-Paul Eydoux, égoïstement je me demande s’il n’aurait pas dû y demeurer, au milieu de ses broussailles ! Si tu fais abstraction des installations du son et lumière, de l’éclairage nocturne des remparts, de l’impossibilité d’accéder aux derniers espaces couverts, in fine, si tu te contentes de l’aspect extérieur, alors tu éprouveras un peu de compassion pour ces vestiges pacifiés. Le château féodal le plus beau et le plus fortifié du Jura connaît trois lignées ; les Dramelay jusqu’au début du XVe, Nicolas Rolin et son fils, puis la famille de La Baume dès la fin du XVe qui le conserve jusqu’en 1678. Lors de la tentative de ré annexion de 1479, les troupes de Louis XI investissent le château qui ne semble pas en avoir souffert. 1637 paraît plus fatal, la place est pillée par les Français, elle s’en relève difficilement pour subir le coup de grâce en 78, l’état de ruine est avéré dès le début du XIXe. Remercions Nicolas Rolin, grand argentier du Duc de Bourgogne, sans sa fortune Présilly aurait connu le sort des petites seigneuries voisines, pas de modernisation et un abandon probable dès le XVe. L’enceinte polygonale, voire patatoïde, du XIe se maintient, implantée sur une ligne de crête elle domine une plaine agricole avec au milieu la route de Lons à Orgelet. De plain pied avec la colline, un fort mur bouclier épaulé par un donjon carré, renforcé par un fossé, défendent le front Est. A l’extérieur prometteur répond un intérieur vide et désolé. Dans leur inventaire de 1830 Taylor et Nodier évoquent une chapelle, une tour avec un balcon, de larges fossés, aujourd’hui la signalétique en fait heureusement le commentaire. Les ouvrages d’accès sont de loin les plus intéressants, dressés au XVe il s’agit d’un bel exemple des avancées militaires du moment. Plaquée devant l’ancienne porte, une tour porche de deux niveaux abrite les deux ponts-levis, l’un piéton, l’autre pour les attelages. La salle des gardes à l’étage, conserve toujours les jambages et le manteau d’une grande cheminée. Isolée de l’ensemble par le fossé, l’imposante barbacane équipée d’embrasures de tir formait le premier front.
L’ouvrage assez ruiné, adopte une extrémité exposée en forme d’éperon qui se distingue encore. Avec ses hautes courtines, son donjon aux parois de trois mètres, Présilly ainsi défendu n’aurait craint que dieu et les forces royales. R.C.

Couterrez Marsonnay-Largillay 2010 France (Jura)

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Il suffit de raconter une histoire pour que des langues se délient, en évoquant ma visite d’Onoz, un ancien habitant de Marsonnay me balance qu’il connaît, lui aussi, un château oublié. Juste au-dessus de sa maison, la colline boisée de Coutterez supportait des fortifications. A vol d’oiseau cinq km distancent les deux sites, configuration et accès identiques, aucun repère extérieur, pour y parvenir il faut connaître l’endroit. Depuis Orgelet, prenez la D49, avant de plonger vers Marsonnay empruntez à droite un chemin longeant le bois, il monte doucement avant de rejoindre un chemin de débardage à flanc de montagne, à 500 m il faudra tirer tout droit vers le sommet en traversant des boqueteaux de buis. Arrivée sur un plateau, je distingue une nouvelle éminence protégée par des haies, à nouveau des grands buis. Le château se trouve au milieu d’un gigantesque buisson, un premier talus avec quelques empilements de pierres matérialisent un premier rempart. Sur la butte, altitude 620 m, l’enchevêtrement caractéristique des ruines et de la végétation laisse deviner plusieurs moignons. Un pan de mur de la seconde enceinte contient encore une meurtrière, la niche intérieure tient encore. L’appareil semble plus grossier qu’à Onoz mais la configuration est similaire, un mur de soutènement à mi pente surmonté d’une ouverture, ici pleinement défensive. Combien de temps tiendra t’il ? Le parement inférieur est manquant. Pas d’éperon barré ici, une enceinte circulaire, autour d’un gros rocher qui supportait une tour carrée d’environ cinq mètres de côté. Aux angles, les chaînages s’élèvent encore sur un petit mètre. Vers le sud, sur la deuxième enceinte un pan de mur d’au moins quatre mètres se dresse parmi les arbres, un gros lierre maintient un ensemble dont quelques pierres perchées ne demandent qu’à rejoindre la roche mère. Le lieu abrite une colonie de sangliers, nous venons de les déloger, ils occupent même le donjon ! En redescendant, le premier niveau de défense est parfaitement appréhendable, à l’ouest des traces de murets témoignent de bâtiments accolés aux courtines. Vaste emprise, au-delà de la muraille s’étend un plateau sur lequel reposaient des habitations, aucun relief visible. Toujours sur le versant Ouest, à 100 m du rempart se trouve un puits, aujourd’hui comblé. Les archéologues semblent avoir oublié le château au profit d’une nécropole mérovingienne sur la colline voisine. Déjà mentionnées au XIXe, des tombes du VIIe siècle ont été découvertes lors de l’extension de la carrière. Le site représente 300 emplacements, seule une cinquantaine a été fouillée.
Situé sur un axe de circulation qui permet la traversée du Jura, l’occupation du site de Largillay remonte à l’époque romaine. Au XIIe, l’abbaye de Château Chalon l’administre. Sans précision de localisation, autre que sur ces sommités, une église aurait été édifiée sur un temple antique et un camp retranché baptisé « mur des Sarrazins » peut-être à l’origine du château. Sa destruction est vraisemblablement contemporaine de celle d’Onoz, il reste à en déterminer la période : guerre de Cent ans, tentative de ré annexion de Louis XI ou guerre de Trente ans ? 1479 serait le plus plausible, l’allure des vestiges vaut bien cinq siècles d’abandon. Les fermes au pied de la colline portent dans leurs murs et aménagements des pierres de réemploi. R.C.

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