France Alsace

Andlau – BilsteinBilstein Aubure – Birkenfeld Etobon – Ferrette – FleckensteinFranckenbourgGreifensteinGuirbaden – HoehnsteinHohnackHaut LandsbourgLa Roche – Landsberg  – Landskron – Lutzelbourg Morimont Oedenburg Ortenbourg – OtrottPetit Ringelstein – SchrankenfelsSchwartzenbourg – Wegelnburg – Wasigenstein – Windstein « nouveau » – Windstein « vieux »

Lutzelbourg 2006 France (Alsace)

Publié par R C le février 21, 2014

ruines-lutzelbourg-R-crozat

ruine-lutzelbourg-R.-Crozat

C’est un site reconstruit que vous visiterez, vous aurez la chance d’y pénétrer par la porte principale du moyen âge. Un accès hautement défendu par un châtelet d’entrée et un large fossé franchi par un pont-levis. L’ancien portail au pied de la tour Fénétrange date des premières reconstructions du début du XXe. Abandonné depuis 1523, le site a profité pendant plusieurs siècles aux constructions du voisinage. Sauvés par deux notables, les restes échappent au remblaiement pour l’édification de la ligne Paris Strasbourg, qui passe en dessous. Sur l’étendue, deux tours se tiennent encore, le château en comptait trois principales. La Fénétrange, déjà citée, conserve deux pans de mur jusqu’à son couronnement à 24m. La seconde, implantée au centre de l’esplanade a été restaurée lors de la reconstruction, jusqu’au XVIe cette pentagonale flanquait un mur derrière lequel s’abritaient plusieurs logis. Sur le flanc Est, un petit édifice néo-roman surplombe la vallée, cette construction entreprise par le docteur Koeberlé est contemporaine des fouilles puis des travaux de 1909. Un site remarquable par sa position, largement en surplomb, le vaste éperon de grés rose domine la route dans la vallée de la Zorn, isolé naturellement sur le flanc Sud par des amorces d’un fossé, puis d’un haut rempart dominé par deux tours. Evidemment, il ne subsiste plus rien, hormis les tours et quelques soubassements, les ruines ont bénéficié d’un bon nettoyage, il y a un siècle. Pour conserver un souvenir pénétrant de ce lieu, rendez-vous quand la nuit et la brume se croisent, en prime de l’assurance de votre solitude, vous percevrez un étrange univers de formes qui, dans son imprécision vous restitue volontiers un peu de l’âme d’un site oublié depuis un demi millénaire.
L’histoire de ceux qui se sont battus ici est longue, les Romains y avaient établi un castrum, occupé jusqu’au  IVe siècle, l’exhumation de monnaies l’atteste.
La première information sur la reprise d’activité date de l’extrême fin du XIe, lorsque Pierre de Lutzelbourg négocie la place avec l’abbaye de Marmoutier contre un petit prieuré. La lignée s’arrête avec son fils au milieu du XIIe, ils prennent le temps de construire un premier rempart avec la tour principale ainsi l’éperon se trouvait clos. Le site revient à l’évêché de Metz, mais l’affaire est également convoitée par le duc de Lorraine, la seconde moitié du XIIe est houleuse.
Les évêques confient l’administration à des seigneurs locaux, le système perdure jusqu’à la fin du XIVe, les plus célèbres sont les Fénétrange. Dans le dernier quart du siècle, l’évêque de Strasbourg acquiert la propriété et l’attribue à plusieurs familles (5 ou 6), longue période de trêve qui dure jusqu’en 1523. Fin de toute vie domestique au terme d’un siège, le 11 mai le château brûle. Intervalle Sickingen, le chevalier dissident ou pillard, titulaire de la place, perturbe l’unité de l’empire. Une coalition de princes part mettre au pas tous ces petits barons qui logent encore en montagne et menacent les bourgeois des villes. La seigneurie avec ses ruines passe entre plusieurs mains, avant d’échoir à la fin du XVIe dans celles de la maison de Lorraine. Plusieurs tentatives de reconstruction sont menées, mais il semble que la plupart de ses propriétaires aient eu les yeux plus gros que le ventre. Reconnaissons que ces forteresses ne présentent que des inconvénients : pas adaptées aux armes à feu, coûteuses à entretenir, mal vues des instances royales, isolées du contexte économique qui se tient dans les villes, enfin qui souhaite encore vivre dans de pareils endroits ! Ici nous ne sommes qu’à 320 m. R.C.

Birkenfeld 2007 France (Alsace)

Publié par R C le février 16, 2014

ruines-birkenfeld-R-Crozat  
chateau-birkenfeld-R-Crozat

Une ruine au milieu de la forêt, légèrement en contrebas du Mont Sainte Odile, vers le sud-ouest. L’emprise n’est pas grande mais l’ensemble ne manque pas d’allure, tu franchis un portail mignard en passant sous un arc en grès rose solidaire du rocher. La maison forte écrase de ses trois étages toute la basse-cour. Le site a été restauré une première fois en 1869, et plus récemment dans les années 80. La construction est datée du milieu du XIIIe, deux autres périodes transforment la petite forteresse en un beau logis. Début du percement des baies aux alentours de 1375, poursuite dans les premières années du XIVe avec l’enceinte qui englobe la basse-cour. Le plan se résume en deux espaces, un grand quadrilatère : le palais, flanqué d’un donjon aux murs très épais. Placé, évidemment sur le côté exposé, aucun passage ne le relie au logis, une seule ouverture vers l’extérieur, la défense et l’accès s’effectuaient par le couronnement. Aujourd’hui, un percement sauvage dans la paroi Est en permet la visite, imaginez cette tour avec peut être 10 mètres supplémentaires. Les fortifications pouvaient être bien plus élevées que le rendu de notre imaginaire actuel. La face Sud du palais concentre les plus beaux atours du château, rez-de-chaussée défensif avec un rang de grandes archères, et surtout une belle poterne en ogive protégée par une bretèche. Le système d’entrée surélevé, supporté par une embase maçonnée reliée à un plan incliné, rappelle celui de l’Ortembourg contemporain, premier quart du XVe. Aux second et troisième niveaux, la lumière est privilégiée, deux grandes baies gothiques éclairaient les salles de réception, celle du dernier étage a été remontée, ses quatre colonnettes sont parfaitement en place. La face Nord, plus austère et plus exposée, abritait des espaces plus domestiques, l’implantation des latrines en témoigne. Pour chacun des deux emplacements, deux puissants corbeaux maintenaient une structure en bois. Au pied de cette façade, il y aurait eu une autre basse-cour dont il ne subsiste presque pas de vestiges. Les deux campagnes d’édification sont perceptibles, il suffit de comparer la dimension des blocs, leur bossage est également caractéristique, à noter l’épaisseur du liseré d’encadrement, plus large, plus décoratif, pour la seconde période. 1246 ou 1285 ? Première évocation du site, 1289, la construction s’approche plutôt de cette dernière date. Fin du XIIIe, la féodalité recule, l’empereur prend le pouvoir et mandate l’évêque de Strasbourg d’administrer ses biens. Une longue période d’accalmie s’étend sur l’Alsace, le Birkenfeld est considéré comme un fort de position sur la route romaine du Mont Ste Odile au Champ du Feu par la Bruche. Délaissé par ses propriétaires, les Beger, qui lui préfèrent Strasbourg au XIVe, il subit lors de leur retour en montagne vers 1375, un profond réaménagement qui le transforme en une belle résidence. Restauration de la muraille, puis percement des grandes baies et aménagement des basse-cours. Au XVe, plusieurs querelles relatives aux limites de propriétés notamment pour les bois animent le landernau. En replaçant l’économie forestière dans son contexte du moyen âge, il s’agit d’un champ de pétrole ! Ainsi se justifient les chicaneries régulières entre les Beger ou leurs baillis avec la ville d’Obernai. En 1532, la lignée s’éteint, la seigneurie est vendue avec Mundolsheim à l’un des chanceliers de l’empereur, qui reprend le nom du patelin afin de bien matérialiser son statut (aristocratique). Le château est déjà à l’abandon, depuis la fin du XVIe, lorsque surviennent les Suédois. Altitude 680 m. R.C

Bilstein Aubure 2008 France (Alsace)

Publié par R C le février 16, 2014

ruine-billstein-aubure

ruines-billstein-aubure

Au dessus de « Ribeau », vers l’est tu remontes la vallée, pose ton os à l’auberge forestière du schlossberg. Sur le parking, une SM de 1971 blanche complète mais fatiguée attend son restaurateur. La crête qui supporte le château, à 750 m, se trouve pile au-dessus. Passe le torrent, un chemin monte dans les prés, ensuite tu chemines en sous-bois, pas toujours évident, j’ai terminé l’ascension en tirant une droite vers le sommet. Parvenu au point de réjouissance, la vue panoramique totale l’emporte sur les vestiges du site. Il semble il y avoir un autre accès plus aisé car le lieu se fréquente le dimanche. Classique, le fort s’accroche à un rocher gréseux isolé de sa barre par un fossé artificiel ! Vers le donjon, l’accès au sommet s’effectue entre les vestiges des murs de la basse cour et des dépendances. Vient ensuite le château haut qui regroupe le donjon et le logis, difficile à imaginer aujourd’hui. Sur la sommité, dressée en pierres à bossage de grès rose, la tour du début XIIIe est protégée par un chemisage. Restauré et bétonné, ce petit ouvrage procure l’avantage d’une visite libre avec ascension jusqu’au couronnement. La position est stratégique avec une vue imprenable sur un horizon de ballons relevé de plusieurs découpes de châteaux dans la brume. Vous noterez un masque en relief taillé dans une pierre à bossage sur la face Ouest, une symbolique plutôt rare en Alsace, au mieux il évoquerait une figure de gargouille. Deux autres particularités digne d’intérêt, tant les vestiges en manquent : la porte ogivale du donjon et l’arc de décharge sous une courtine du haut château. Le premier fait où l’on parle du Bilstein, lorsque Mathieu de Lorraine, frère du Duc, s’y cache, il vient d’assassiner l’évêque de Toul. A cette époque, les Horbourg, vassaux du Duc, possèdent le fief, l’histoire s’est déroulée en 1217. Un siècle plus tard, la seigneurie est vendue aux Würtemberg qui le conservent jusqu’au XVIIe avec l’intermède Ferry de Lorraine en 1424. La construction, débutée au XIIe, profite de travaux d’agrandissement aux XIVe et XVe, jusqu’à son ultime heure le château est entretenu. Après le siège infructueux de 1547 par les troupes catholiques de l’empereur, les Würtemberg ayant adopté le parti de la réforme, il faut attendre la guerre de Trente ans pour vivre un nouveau fait d’armes. Définitif, car les troupes impériales prennent le fort et le mettent à sac, il brûle, et servira de carrière pendant un long moment. RC

Oedenburg 2008 France (Alsace)

Publié par R C le février 6, 2014

ruine-oedenburg-R-Crozat

oedenburg-chateau-R.-Crozat

A l’ombre du grand, loin des cohortes, quelques centaines de mètres, marchant vers l’ouest les randonneurs croisent les ruines du Petit Koenigsbourg. Planqué dans la forêt, le site est clos d’un grillage, les plus intéressés le franchiront allègrement. Des fouilles sont en cours, comme d’habitude à la vue de l’engagement des travaux, elles semblent suspendues depuis de longues années. 200 mètres séparent les deux constructions, aucun lien, aucune enceinte commune, deux hypothèses se présentent. Un poste avancé pour occuper toute la crête ou un ouvrage de siège. Les premières traces datent de 1250, le duc de Lorraine fait établir un fortin sur le rocher le plus élevé au bout de la ligne de crête. A l’origine, entourée d’un mur, une tour carrée dont la porte principale se situe sur le côté Ouest, et le demeure. Aujourd’hui très ruinée, il ne reste plus que la base de la tour en gros moellons irréguliers. Au début du XIVe, les Landgraves de Werd récupèrent le site tout en maintenant un lien de vassalité avec les Lorrains. Le château prend sa forme actuelle avec l’extension du palais vers l’est, la courtine enjambe l’ancien fossé. Les fortifications sont déplacées et renforcées, notamment les courtines Nord et Ouest, la porte d’accès est défendue par un ouvrage en souricière. Pendant le XVe, élévation d’une vaste enceinte protégeant la basse-cour qui s’étend au sud. Pour l’anecdote, dans un acte de propriété de 1417 le site est baptisé Oedenbourg qui signifie « château désert », cette lettre destinée aux Rathsamausen leur ouvre des droits sur le site du Koenigsbourg, en fait il s’agirait du grand château. L’abandon survient vraisemblablement au début du XVIe. La ruine à belle allure, le corps principal du palais comporte plusieurs particularités, en faire le tour est très instructif. Imposante face Sud percée de plusieurs ouvertures, deux baies en ogive conservent quelques colonnettes décoratives engagées dans les jambages, à côté un large trou béant surmonté d’un arc signifiait une grande fenêtre géminée du type Landsberg. Contournez le rocher vers l’est, côté Haut Koenigsbourg c’est plus facile, l’éperon a été taillé, passez dans le fossé au pied du mur bouclier, difficile d’éviter l’ostentatoire petit arc de décharge qui enjambe une faille. Envers de décors au nord, là aussi un arc de décharge étaie la muraille surplombant l’ancien fossé. De multiples ouvertures égaient un austère pan de muraille. Plusieurs corbeaux encadrent deux poternes superposées, un ouvrage en bois façon hourd les reliait-il, avec quelle fonction : bretèche, latrine, escalier extérieur ? Vers l’ouest, une autre baie géminée couverte d’un arc en plein cintre a été murée. Vous remarquerez que l’ouvrage ne comporte pas d’archères, aucun percement pour l’artillerie, surtout de larges ouvertures réparties sur les deux principales façades. Le décorum prédomine également dans l’appareil, de la pierre à bossage sur la face principale et le mur bouclier, remarquable ajustage de maçonnerie autour du rocher dont certains blocs quasi sculpturaux émergent du mur. Vers l’est sur la continuité de l’éperon, enfouis sous les lichens et la mousse, des vestiges de murs, des bases d’habitations, les derniers aménagements datés de la fin du XVe. R. C.

Hohnack 2007 France (Alsace)

Publié par R C le janvier 31, 2014

Honack-ruine-R.-Crozat

honack-Chateaux-R.-Crozat

Une belle enceinte polygonale, en bon état, restaurée il y a plusieurs dizaines d’années. L’accès est fermé par de solides grilles, toutefois l’escalade des murs est assez aisée. Le Hohnack est une forteresse qui a bien évolué depuis sa fondation au XIIe siècle jusqu’à son démantèlement au XVIIe. Premier constat, l’appareil de construction en pierres à bossage a été maintenu au fil des remaniements, l’unité procure une belle allure. La construction se situe sur un sommet arasé, à 940 m d’altitude, l’un des plus hauts châteaux d’Alsace. En faire le tour est très facile, les larges esplanades qui encerclent les courtines sont parfaitement entretenues. La muraille culmine encore à plus 10 m. A l’origine, la défense se faisait par le couronnement, plus tard des tours équipées de bouches à feu sont venues compléter le tableau. Intégration remarquable, à tel point qu’une partie de l’enceinte aurait été démontée puis remontée lors de l’édification de la grosse tour Est. Dressée au XVIe, elle est dédiée à l’artillerie, des petites bouches à feu égaient ça et là l’imposante masse, des lices protégées par des braies d’artilleries offraient un premier rempart. Plus de traces, pourtant elles sont mentionnées sur le plan inventaire qui précède la destruction. Peu fréquent pour un fort de montagne, un bel ensemble défensif s’étend autour de la porte. Dans l’ordre de progression : un plan incliné défendu par une barbacane, puis une tour en avancée de la poterne, enfin un pont-levis enjambait une fosse, l’axe du pont étant perpendiculaire à celui du plan. Dans la configuration primitive du XIIe seule la poterne existait. A l’intérieur, tu t’aperçois que la muraille talutait un promontoire sur lequel trône un moignon de donjon plutôt du XIIe, de part et d’autre se trouvent deux citernes. Sur la vaste étendue herbeuse des murets définissent les traces du logis accolé à la courtine Nord, une chapelle est contenue dans la tour d’artillerie. L’histoire du Hohnack débute avec les Ferrette, héritiers du val d’Orbey au XIIe, la place est gérée par un ministériel. A la fin du XIIIe, les Ribeaupierre prennent possession des lieux tout en continuant de rendre hommage aux Ferrette. Pendant quelques années, au milieu du XIVe, le seigneurie appartient aux Habsbourg, puis elle revient à l’église de Bâle. Les Ribeaupierre conservent une main sur le château, pendant le XVIIe il change de seigneur régulièrement, le démantèlement survient à la suite du traité de Wesphalie (1748). Trop fortifiée, la place peut devenir un nid de résistance que le royaume de France ne peut accepter. Durant 15 jours 200 bonshommes s’appliquent à démolir les murs et les tours, vendu comme Bien National, il devient une carrière jusqu’à la fin du XIXe. Il bénéficie d’une restauration à l’allemande, un peu trop soignée à mon goût. Le château était ouvert lors de ma première visite en 1988, il ne m’avait pas enthousiasmé, 20 années plus tard je ne lui trouve pas plus de charme. R.C.

Schrankenfels 2009 France (Haut Rhin)

Publié par R C le janvier 22, 2014

Schrankenfels-2-chateau-ruine-R.-Crozat
Schrankenfels-ruine-R.crozat
  Schrankenfels-2-ruine-R.Crozat

Tout commence par une belle promenade à couvert, depuis le Fistplan, un petit col qui relie Soulzbach-les-bains à Osenbhur. Une heure de marche en forêt en passant par la fameuse Borne Jaune, compte encore un bon quart d’heure lorsque tu apercevras à la terminaison d’une crête l’arête du mur bouclier de l’entrée, qui dépasse les cimes. Le site est resté à l’abandon pendant de très longues années, il avait bien reçu quelques aménagements sécuritaires ainsi que diverses reprises de maçonnerie dans la première moitié du XXe. Aujourd’hui, il bénéficie d’une grande restauration dont le relèvement du mur Est et la consolidation du front d’attaque. Sa conception est considérée comme « moderniste », les premières mentions du fort datent de 1241. En effet, le mur bouclier érigé en donjon, et placé en éperon, préfigure les murs chemise (cf Ortembourg). Idem pour les « avant-gardistes » hautes archères, elles seraient les plus anciennes d’Alsace. Néanmoins, reconnaissons que la construction est spartiate. L’appareil est un empilement de grossiers blocs de schiste extraits sur place, il pourrait il y avoir une carrière un peu plus loin, vers le Haneck. Elégante entreprise que l’arrondi qui relie la courtine Est au donjon, cet élément constitutif du front fait plus de 2,70 m d’épaisseur à sa base, ses fentes de tir mesurent 1,30 m. Une petite porte est aménagée dans la noue, sa protection est assurée par les archères du donjon. L’enceinte occupe toute une éminence, un premier fossé creusé au sud-est l’isole de la crête, un second plus étroit protège également la partie Nord. L’ensemble est considérablement ruiné, si le pourtour subsiste, il n’en est rien des bâtiments du palais qui devaient s’appuyer sur la courtine Est. Le château est élevé par la famille des Guéberschwhir sous la protection de l’évêque de Strasbourg, il devient rapidement une enclave ennemie parmi des seigneuries inféodées à l’empereur, dont les puissants Guirsberg. En 1261, les maîtres du Schrankenfels alias Guébershwhir changent de camp lorsque l’évêque autorise la construction du Schwartzenbourg au-dessus de Munster, à quelques kilomètres. Les belles alliances tournent vite à la mésalliance. A l’extinction de la lignée des Guéberschwhir, au début du XIVe, leurs alliés les Hattstatt récupèrent le site. L’évêque revient vers 1355, le château est définitivement ruiné aux alentours de 1430.
La prime est à cinq minutes en direction du nord, tu franchis le petit fossé sur-creusé, sur la bosse des vestiges d’une tour de 7 m de côté subsistent. A peine 1,50 m d’empilement de blocs de schiste encadré par un chaînage en granit, l’ensemble est passablement envahi par la végétation. L’histoire de cette construction isolée débute au XIVe, issue vraisemblablement d’un partage de l’éperon, le site n’est pas nommé. Toujours sur la même ligne, implanté sur la dernier sursaut à l’extrême pointe de l’éperon, le Haneck suit le destin de son grand voisin. Il aurait toutefois survécu jusqu’à l’arrivée des Suédois qui le  démantèlent. Les restes sont supplantés par une végétation luxuriante, tu discernes encore une enceinte dans laquelle demeure une ouverture couverte par un arc en plein cintre, le donjon fait face à la crête. La bosse est isolée du côté Sud-est (Schrankenfels) par un méchant fossé artificiel. La construction est similaire à celle des deux autres forts. Blocs de schiste encadrés par des chaînages de blocs de granit à bossage. Certains visiteurs, plus pugnaces, auraient vu des corbeaux sur un mur intérieur, ainsi que des archères, des moignons de mur demeurent en contrebas du flanc Est. L’ensemble est daté du XIVe, peut être de l’époque du morcellement du site entre les Guéberschwhir et les Gundolscheim, inféodés respectivement à l’abbaye de Munster et aux Hattstat. Ces derniers récupèrent toute la seigneurie au XIVe avec la bénédiction de l’abbaye, toujours sous la houlette de l’évêque de Strasbourg. A partir de 1585, les schauenbourg seraient les derniers propriétaires. Altitude 750 m. R.C.

Morimont 2009 france (Alsace)

Publié par R C le janvier 15, 2014

morimont-ruine-R-Crozat

morimont-ruines-R.-crozat

De toute part, il reste invisible, dissimulé par la végétation luxuriante de cette région largement arrosée, impossible de deviner qu’un tel château se trouve là. Heureusement, les ruines sont fléchées depuis la route d’Oberlarg à Levoncourt. Rendez vous à l’auberge, une grande bâtisse du XVe convertie en hôtel de charme. Le site n’en manque pas. Perchée sur la crête qui mène par un chemin au château, l’ancien relais seigneurial se repère comme le seul point au milieu de la forêt. A peine cinq minutes de marche sur le sentier de crête, et tu jouis d’une vue plongeante sur les ruines. Ambiance des jours de pluie sur le massif vosgien, tout se rassemble pour mieux te digérer, l’herbe, le brouillard, le ciel. L’accueil est redoutable, défendu par une canonnière que n’aurait pas reniée Serré de Rivières, un défilé d’entrée t’attend, quelquefois tu ressens la solitude autant que la pluie. Les dimensions du fort collaborent encore un peu plus au dramatisme. 60 mètres par 50, cela tient plus des grandes forteresses françaises du XVe, que du petit nid d’aigle alsacien ramassé sur un bout de rocher. Pourtant, le premier Morimont du XIIIe se conforme à cette physionomie, une protubérance rocheuse fait front à un éperon barré surmonté d’un gros donjon. A ses pieds, la chapelle, puis un logis, côté Sud une petite basse-cour dont l’enceinte a été englobée dans les agrandissements du XVe. La sinistre entrée, peu engageante à dessein, est un long corridor taillé dans le rocher qui contourne les fondations du donjon. Au fil de chaque reconstruction, les bâtiments profitent du style en vogue, ici aussi, la Renaissance semble avoir marquée les esprits : aménagement de la tour d’escalier, dernière survivante aujourd’hui d’un logis de la fin du XIV. La partie la plus récente, datée du XVe, a nécessité 30 années de travaux. Il demeure de beaux restes, les 7 tours sont en partie debout, une grande salle souterraine de 50 m sur 8 de large et 4 de haut est parfaitement conservée. Couverte par une voûte en berceau, elle évoque les grands châteaux de l’Oise : Pierrefonds, Coucy, mais aussi la salle des écuries de Lagarde dans l’Ariège ou encore les vastes entrepôts souterrains de Saône, du Marquab et du Krac.
L’histoire se confond avec celle de tous les châteaux du Jura alsacien suisse, dont Ferrette est le point d’influence. La famille de Morimont fait référence dans la longévité, de la fondation du fort au début du XIIIe jusqu’au XVIIe, ils établissent, reconstruisent, modernisent. Liés aux Ferrette, ils rendent également hommage aux Habsbourg en 1324. 30 années plus tard la terre tremble à Bâle, les constructions subissent leur seconde destruction, après celle ordonnée par l’évêque de Strasbourg au début du XIIIe. Le parti pris des Français par la famille, à l’encontre de l’Alsace et des Suisses, provoque une troisième démolition en 1445. Finalement, les alliances nouées et la présence de Gaspard à la cour du roi de  France, favorisent la reconstruction de grande ampleur qui suit. Adaptation à l’artillerie, développement de l’emprise vers le nord, élévation de deux tours dédiées au tir d’armes à feu, l’épaisseur de leurs murs avoisine les 4 mètres. Aujourd’hui, les gueules béantes des énormes bouches à feu continuent de tourmenter le passant. Au XVIIe les affaires se gâtent, après un siècle de quiétude, le dernier héritier vend, en 1632 les suédois débarquent et s’installent au château. Lorsque les Français les délogent, Morimont morfle en entamant son chant du signe : pillage, incendie, révolution, Bien National, changements de propriétaires. Les premières velléités de restauration ou de consolidation s’échafaudent vers 1850. Des travaux entrepris récemment, condamnent l’accès à l’intérieur du site, lors de mon passage en Juillet tous les cadenas étaient ouverts. R.C.

Schwartzenbourg 2009 France (Alsace)

Publié par R C le août 5, 2013

ruine-Schwartzenbourg-2-R.-Crozat 

ruine-Schwartzenbourg-R.-Crozat

Une ruine en ruine en Alsace ! Voici l’un des seuls châteaux du Haut Rhin qui n’a subit aucune restauration depuis le début du XXe siècle. Un terrain d’aventure pour les enfants de Munster, où les ados se retrouvent pour fumer là leur premier pétard et boire quelques bières. Vous serez surpris de trouver un bunker dans l’enceinte, sa contribution au plombage de l’ambiance est patente, remercions ce bloc de béton, aujourd’hui il consolide une partie des ruines. L’ouvrage est allemand et date de la première guerre mondiale. La construction du château est avérée vers 1261, à cette époque l’empereur et l’évêque de Strasbourg se bagarrent, il faut occuper le terrain et le défendre. Schwartzenbourg répond à la position proche du rocher du Schrankenfels, au dessus de Soulzbach. L’évêque autorise à l’abbaye de Munster l’établissement d’un fort sur ce mamelon isolé d’une éminence nettement avancée dans la vallée. Un verrou plutôt convoité et entretenu jusqu’à la Guerre de Trente ans : rapidement il passe aux mains de l’évêché de Bâle qui récupère la vallée, peu avant la moitié du XIVe les courtines sont rehaussées avec l’établissement de braies comportant des archères. Du début XVe, jusqu’en 1530 il demeure dans la famille Beger de Geispolsheim, à la fin du siècle, il est au faite de sa somptuosité mais ne recevra plus aucun entretien. En 1605, la construction est déclarée en mauvais état, 30 années plus tard, lors de la Guerre de Trente ans, une garnison française s’y installe. En 1646 il est réputé inhabitable, la destruction survient vers 1678, le pillage se déroulera après la révolution. Aujourd’hui, le promontoire est en pleine forêt sans aucun entretien, depuis le pied de la butte les murailles sont invisibles, pourtant il subsiste plusieurs beaux pans de mur de l’enceinte. Schwartzenbourg est considéré comme une forteresse « aboutie ». Néanmoins, il est relativement difficile de cerner le plan plutôt carré. Des restes de tours flanquantes encadrent les courtines dont la largeur évoque un mur bouclier. Il est encore possible d’emprunter une partie des vestiges du chemin de ronde. Face à l’éperon, une seconde tour est accolée à la tour d’angle, cet élément de défense sur ce côté plus vulnérable pourrait être le donjon. Dans l’embase de la muraille plusieurs ouvertures ont été refaçonnées en appareil de brique, certainement postérieures à l’édification en blocs de schiste. Le fossé est large, de lourds blocs de maçonnerie provenant de tours et de murs l’encombrent, une première enceinte est évoquée mais ses traces ne sautent pas aux yeux.
L’accès est assez simple, depuis l’entrée de Munster prendre une route à gauche, passer sous la voie ferrée, la longer en passant devant une citée d’habitation (Badishhof), jusqu’à l’étang du Schlossberg, ensuite un sentier balisé t’y emmène en 30 mn. R.C

La Roche 2007 France (Alsace)

Publié par R C le juillet 29, 2013

Ruine-de-la-roche-R.-Crozat

Ruine-de-la-roche-R.-Crozat-2

Au dessus de Bellefosse, un village de fermes disséminées sur le versant sud de la vallée de la Bruche, à 820 m un éperon perdu dans une grande forêt d’épicéas. Je ne crois pas à la magie des lieux, tout au plus un moment de solitude préférée, associé aux facteurs climatiques et surtout à une implantation de gros mégalo. Un jour d’hiver plutôt froid, quand le givre ne disparaît pas, tu ressens presque une sensation de tiédeur quand tu t’engages dans un sous-bois de conifères. Depuis le village rien n’est perceptible, il faut monter au plus haut, jusqu’au chemin à peine carrossable, dans le pâturage le rocher est à peine visible. Longer la forêt, enfin y pénétrer, le sentier mène au pied du bloc. Isolé, impressionnant, il domine la canopée, c’est très sombre, quelques vestiges de murets au sol, un escalier métallique permet de gravir le sommet où tu respires enfin. Aujourd’hui, le détour vaut plus pour le point de vue sur le massif du Champ du Feu que les quelques empilements éparpillés sur le site. La maçonnerie a été consolidée une première fois à la fin du XIXe et plus récemment dans les années soixante-dix ! La ruine est ancienne, vraisemblablement du XVe siècle, conséquence du siège de 1469. Le château servait de base de repli pour une bande de pillards qui rançonnait les caravanes. L’évêque de Strasbourg en association du Duc de Lorraine jouèrent du canon durant huit jours, aux termes desquels le fort fut démantelé, puis abandonné après une vaine tentative de reconstruction. Les canons auraient été amenés depuis Nancy ! La fondation du site est tardive, milieu du XIVe, elle serait attribuée aux Rathsamhausen, fameuse lignée qui a possédé plus de 20 seigneuries en Alsace. Un petit siècle d’occupation pour une activité historique mouvementée et relativement bien connue. Au XIIIe, les Andlau qui possèdent le territoire le cède aux Rathsamhausen. Le fief demeure sous leur dépendance jusqu’au XVIe siècle, néanmoins il est inféodé au duc de Lorraine en 1430. Lors de la tentative de restauration en 1472 l’évêché de Strasbourg et le comté de Salm s’opposeront à l’entreprise. Sur la sommité du rocher l’emprise est réduite 5 mètres par 8, suffisamment d’espace pour une tour et un petit logis. Aux pieds, des restes d’une enceinte de basse-cour subsistent autour du rocher, il faut bien chercher parmi les amoncellement de pierres. Enfin, je vous laisse imaginer l’allure de l’escalier de bois qui permettait d’accéder aux bâtiments perchés à plus de 20 m. R.C

Etobon 2011 France (Hte Saône)

Publié par R C le juillet 10, 2013

Etobon-ruine-R-Crozat

Etobon-1-ruine-R-Crozat

Proche de l’Alsace mais loin de son histoire, Etobon appartient à la Franche Comté. En dessous du ballon d’Alsace, le plateau du château se trouve à plus de 500 m et domine de 150 m un petit village typique du pays de Montbéliard. Inutile de vous rendre spécifiquement sur ce site, l’endroit est agréable, une promenade aménagée pour tout public tente de restituer un passé trop lointain. Heureusement la signalétique évoque les endroits stratégiques, les deux portes, la principale est à l’est dans l’enceinte du château bas. Le logis du châtelain, composé d’un donjon et d’un palais, occupait la pointe ouest du plateau, légèrement surélevé il dominait les habitations du « châtel bas », un petit bourg estimé à 50 âmes. De ce côté les défenses naturelles sont plus abruptes et plus élevées, un fossé artificiel l’isolait de l’autre enceinte. Il ne reste rien, hormis trois pans de mur de soutènement et le fossé qui séparait le fort du bourg castral. La ruine date de 1519, aucune reconstruction n’a été entreprise, au contraire pendant deux siècles les pierres sont prélevées pour l’établissement du nouveau village en contrebas. Etobon, bourg martyr au regard d’une histoire régionale mouvementée : fatale première exaction, la position et l’ampleur de la forteresse sont au cœur du fait, destruction et incendie par Guillaume de Furstemberg en guerre contre les Wurstemberg comtes de Montbéliard. Pendant les guerres de religion, les Guise massacrent toute la population, la peste parachève le travail. A la fin du XVIIe siècle le village est repeuplé, mais en 1755 la surpopulation contraint plusieurs familles à l’exil vers le Canada. 1933, un avion de la ligne Paris Bâle s’écrase dans le brouillard sur le plateau. Enfin, en septembre 1944 un bataillon de Cosaques nazis fusille 39 habitants et en embarque 27 dont 9 sont exécutés. Qui peut imaginer l’émouvant passé de ce village à l’écart de tout ? Pour s’y rendre, à partir de Ronchamp depuis la nationale qui mène à Belfort, il faut emprunter une route forestière sinueuse sur 8 km. Au XIVe, lors de la splendeur de la forteresse, Il devait en être autrement. Etobon appartient successivement aux comtes de Bourgogne, aux Montbéliard alias les Wurtemberg. Après la destruction, Ulrich 1er retrouve son bien mais le laisse dépérir. Fin de l’histoire qui a débuté au XIIIe, en 1256 l’existence d’un château est déjà mentionnée. L’implantation du site est vaste : 220 m pour 60, l’accès est fléché depuis le village, ensuite il faut marcher 20 mn. Avant ou après l’ascension du promontoire passez visiter le puits, en contrebas de la falaise, au creux d’un vallon coule une source, l’endroit est toujours empierré. R.C.

Hoehnstein 2007 France (Alsace)

Publié par R C le juin 12, 2013

Hoehnstein-R-Crozat-Ruines

hoehnstein-1-R-Crozat-ruines

La masse sombre de l’éperon isolé se distingue au travers du sous-bois, l’abandon est ancien, début du XIVe. En 1337, Rodolphe de Hoehnstein retient prisonnier l’évêque de Strasbourg pendant plusieurs mois dans son château. Une sombre histoire opposait l’évêque à son clergé que soutenait Rodolphe. L’année suivante Berthold de Bucheneck revient pour se venger. L’affaire se termine assez mal pour les Hoehnstein, à l’issue d’un long siège leur fort sera entièrement rasé. Aujourd’hui, lorsque tu parviens au col de jonction qui lie le rocher à la montagne, il est difficile d’imaginer que ce site ait pu demeurer l’objet de tant de convoitises pendant plus d’un siècle. La situation topographique est idéale, un énorme bloc rocheux se détache de la montagne, à peine relié par une mince langue de terre facile à défendre. Les derniers murs restants sont ceux des superstructures qui étayaient les terrasses. L’éperon est très allongé avec un couronnement tourmenté, les constructions devaient s’étager sur le front est, à l’ouest la falaise noire fait face au flanc de la montagne. A la fin de son occupation, le site était partagé en deux lots qui se défiaient. Le premier, en arrivant, se contentait d’une grosse tour carrée renforcée par un mur chemise au nord. Dans son prolongement, à moins de 20 mètres la première muraille du château principal faisait front, ensuite le donjon défendait une  enfilade de bâtiments d’habitation avec une basse-cour suspendue. Jusqu’au bout de l’éperon l’ensemble s’étale sur 90 mètres. La construction est datée du début du XIIIe, la tour ainsi que le mur chemise du réduit méridional seraient postérieurs d’un bon siècle. Deux branches de la famille se partageait l’éperon. Les Hoehenstein semblent avoir toujours possédé le bien, mais des fortunes diverses les contraignent à rendre hommage tour à tour, aux comtes d’Alsace (Dabo-Eguisheim), à l’évêque de Strasbourg, avec un retour vers l’empereur. Au terme de diverses alliances, conséquence du financement des participations aux reconquêtes, en 1320, le château compte quatre possesseurs. A peine un siècle d’existence, il aura subi son premier siège en 1251, et sera détruit en 1338. Il subsisterait des boulets de pierre à l’auberge – maison forestière – en bas dans la vallée, je ne les ai pas vus. R.C.

Petit Ringelstein 2007 France (Alsace)

Publié par R C le juin 11, 2013

ringelstein-pt-1-R-Crozat-ruine

Ringelstein-pt--ruine-R.-CROZAT

La forêt vosgienne délivre toujours une atmosphère, quelle que soit la saison, presque sèche et colorée sous le soleil, tellement froide et lugubre sous la brume. La quête de ses châteaux est déjà une aventure riche en accumulation d’images et d’odeurs, si votre sensibilité sublime l’effort à produire pour leur conquête. Pour parvenir à la butte du petit Ringelstein il faut marcher longtemps, frôler l’éperon du Hohenstein déjà à 450 m, puis ajouter une longue demie heure toujours en sous bois pour gravir les 200 m de dénivelé restant. Le site n’est pas spectaculaire et s’apparente plus aux vestiges d’un camp romain. Un vaste ovale matérialisé par un mur de pierres sèches couronne le sommet d’une éminence. Un profond fossé creusé dans la butte le cerne totalement. Le muret n’est pas très haut, moins d’un mètre, il aurait été dressé postérieurement à la ruine du fort, peut être comme base de repli lors du siège du Hohenstein en 1338. Le site semble avoir été lotit assez tôt, bien plus tôt que ses immédiats voisins : le Hoenstein et le grand Ringelstein. La carrière à  proximité aurait servi pour l’établissement de ce dernier, certains y auraient constaté des pierres à bossage inachevées, du plein XIIIe. La butte de Ringelstein faisait partie des possessions des comtes d’Alsace, Dabo-Eguisheim, au XIIe. Aucune structure existante ne peut rappeler une occupation aux Xe et XIe siècles, pas plus de trace écrite, pourtant l’ampleur du fossé  qui ceinture l’ovale de 60 x 20 m, représente un travail colossal. Il faut s’imaginer la montagne dépouillée de la forêt qui la couvre actuellement, et la vue panoramique sur un enchaînement de ballons bleutés. R.C.

Greifenstein 2009 France (Alsace)

Publié par R C le mai 9, 2013

greifenstein-ruine

grefenstein-1-ruine

Le quartier est propice, pas moins de 4 châteaux défendent Saverne, Le Haut Barr, les petit et grand Geroldseck, et le Greifenstein. Tous juchés sur des pains de grès émergeants de ballons boisés. Si la forêt recouvre aujourd’hui toutes les hauteurs du massif vosgien, il n’en était pas ainsi au moyen âge, les gravures et croquis du XVe montrent des forts parfaitement à découvert sur leur barre rocheuse. L’histoire du Greifenstein nous conte la vie d’une petite seigneurie qui passe de mains en mains, avec ses rapports de suzeraineté délicats et ses fins de mois difficiles. Les Greifenstein, au milieu du XIIe, sont à l’origine de la construction du premier château : une grosse tour à l’aplomb d’un éperon barré par un profond fossé de plus de 10 m élargi à la pioche. Pour investir l’endroit, Merboto reçoit l’autorisation de la part de l’évêque de Strasbourg. Au XIIIe les Greifenstein cherchent l’appui des Ochenstein qui rendent eux aussi hommage à l’évêque. A la fin du XIVe, nouvelles difficultés, de nouvelles alliances sont concluent auprès de deux familles voisines, les Lutzelbourg et les Widsperg. Pendant cette période le rocher est partitionné, de nouvelles constructions complètent l’occupation bâtie de l’éperon. Dans la première moitié du XVe les châteaux sont à nouveau engagés auprès de trois seigneurs locaux, toujours des problèmes financiers ! La lignée familiale originelle s’éteint en 1457, l’évêque recouvre son bien, qu’il cède à son frère. Ce dernier se fâche avec l’Electeur Palatin et l’histoire se termine par la prise, puis l’occupation du lieu en 1470. L’évêque retrouve à nouveau son bien. Quatre années plus tard, un Hohenbourg en indélicatesse avec la famille s’y installe, rapidement il sera enfermé au Haut Barr. Au début du XVIe, un état des lieux consigne l’absence d’entretien du château, en 1640 il n’échappe pas aux déprédations provoquées par la Guerre de Trente ans. Un peu de pillage, puis Turenne le fait démolir en 1674, la carrière est ouverte.Lorsque vous serez sur le site, vous allez vous apercevoir que trois tours dominent quelques pauvres restes. A l’ouest, le vieux château et son gros donjon roman de 13 m de côté. Habillé d’un bel appareil de pierres à bossage, il n’en subsiste qu’à peine deux mètres au-dessus du soubassement, un moignon d’embrasure de tir élargie atteste d’un aménagement, concomitant aux autres superstructures du Greifenstein, pour le tir avec des armes à feu. A ses pieds, enfouies dans les éboulis et la végétation vous remarquerez des arcatures, vestiges d’une enceinte.  La fluette tour centrale appartenait également au périmètre du premier fort, aujourd’hui reconstruite, elle permet depuis son couronnement de comprendre la topographie des lieux. Sa construction est proche, voire contemporaine de celle du fort Est, dernière moitié du XIIIe et début XIVe. Sa fonction immédiate est celle d’une tour de guet, l’exiguïté de l’intérieur n’envisage pas de logement. Par ailleurs, son implantation, au plus proche du fossé qui sépare les deux éperons, pourrait lui conférer une  position d’avant poste, face au donjon oriental. L’étroitesse de l’espace dévolu au château neuf est compensée par une distribution en terrasses, trois niveaux s’étagent depuis la pointe Est. Au pied du rocher, une basse-cour avec un accès sur la face Nord, à mi-hauteur des braies sont défendues par des murs percés de petites bouches à feu. A ce niveau, la plateforme supérieure était accessible par une rampe taillée dans le rocher, un ouvrage vraisemblablement en bois la reliait à la basse-cour, la porte en arc brisée était défendue par une herse. De section carrée, le donjon oriental inaccessible aujourd’hui, se termine bizarrement par un pan coupé. Un pont dormant relie les deux châteaux, son édification semble postérieure à celles des autres bâtiments, une preuve que l’antagonisme régnant n’a peut-être pas sévi au delà du XVe. Le site culmine à 370 m, depuis Saverne, direction Lutzelbourg, traverser la voie ferrée, emprunter un sentier du Club Vosgien pendant 25 mn.

Bilstein 2007 France (Alsace)

Publié par R C le avril 15, 2013

bilstein ruine

Bilstein ruines-1

Un haut pan de mur percé de deux belles ouvertures en ogive domine le village d’Urbeis. Perché à 590 m, deux constructions occupent le couronnement d’un petit éperon : le palais et le donjon. Entre les deux, une cour avec en son centre une citerne, dite à filtration, l’orifice mis à jour en 1964 est dans un état remarquable. Le logis qui comportait au moins deux niveaux, se trouve à l’aplomb du rocher, ses grandes baies ouvraient sur la vallée. A l’opposé vers la montagne, le petit donjon carré défendait toute l’enfilade, sur sa partie la plus exposée la muraille est plus épaisse. L’entrée se situe du côté de l’abrupt, un passage voûté ménagé dans le bâtiment offrait un accès direct à la cour puis au donjon sans pénétrer dans le logis, l’ouverture sur la cour demeure. Au-dessus, la salle principale du palais bénéficiait d’une cheminée, des arrachements entre les deux ouvertures le suggère. Le château est petit, ses vestiges se résument à trois ou quatre pans de mur largement remaçonnés. Le site est sécurisé, des mains courantes et des gardes corps défendent les à-pics. La petite randonnée d’approche (20 mn) contourne l’éminence qui supporte le rocher, l’arrivée par le sud-est débouche sur une vaste plate forme que domine le donjon. A l’extrémité Est, appuyée sur un rocher, vous trouverez les restes d’une écurie. Le Bilstein « Lorrain », en opposition à son homonyme plus Alsacien au dessus de Ribeauvillé, fermait le Val de Villé à l’ouest, l’Ortenbourg l’ouvrait à l’est. Propriété des Habsbourg, toute la vallée et ses deux forts furent âprement disputés de 1230, première évocation du Bilstein, jusqu’à sa ruine organisée par les Suédois durant la guerre de Trente ans. Au début du XIVe, à peine cent années après sa fondation, le site est scindé entre un haut et un bas château. L’évêque de Strasbourg achète la partie haute aux Habsbourg, via une banque, et l’inféode aux oberkirsch. Elle comprend la cour, la citerne et le donjon. Le bas, avec le palais, reste dans le giron des Habsbourg qui en proposent la gérance aux Amoltern. Changement de propriétaire ou de nouveau gestionnaire vers 1420, les Marx tiennent la position jusqu’à la fin du siècle. Ils repoussent les assauts des troupes de Charles le téméraire en 1474, ce dernier avait déjà conquis l’Ortembourg. A cette occasion, le comte de Nassau est fait prisonnier puis enfermé au Bilstein, les Strasbourgeois montent un siège pour le libérer, puis y installent les Montjoie. Les Choiseul Meuse reprennent l’affaire jusqu’à sa ruine après la guerre de Trente ans. Ce bel exemple résume le marché immobilier en montagne, avec le morcellement d’un  domaine pour des raisons essentiellement pécuniaires. Au cours des XV et XVIe siècles les grandes familles délaissent progressivement leurs forts d’altitude au profit d’un habitat plus confortable, les châteaux de plaine se développent. Paradoxalement, ces derniers disparaîtront plus rapidement, victimes de leur implantation en zone urbanisée. Solidement ancrés aux pentes des ballons, leurs vieux frères témoignent encore de la féodalité alsacienne. R.C.

Ferrette 2009 France (Haut Rhin)

Publié par R C le août 27, 2013

ferrette-2-ruine-R.-Crozat

ferrette-ruine-R.-Crozat

Un fort de ville, une ruine sans âme, un magnifique lieu de promenade « romantique » ou digestive dominicale. Un panorama dans un écrin patrimonial parfait, tellement entretenu et sauvegardé que la matérialité des ruines s’efface. Parvenez à Ferrette par le sud, depuis la montagne, la vallée et le rocher se découvrent comme dans un conte : un parc ou s’ébat une colonie de cervidés, sagement dissimulées dans leur cocon de verdure, les toitures du bourg  sont dominées par un mix de déchiquetures de murailles et de rocher. A l’extrême sud, plus proche du Jura que de Strasbourg, Ferrette est implanté dans une cluse, son premier château date du début du XIIe. L’histoire des comtes de Ferrette est lié à celle du rocher. Sept comtes se succèdent, avec une histoire mouvementée lorsque Ulrich I se fait trucider par l’un de ses fils qui accuse son frère et usurpe le pouvoir. La vérité ne surgit que six siècles plus tard. Puis les Ferrette rendent hommage à l’évêque de Bâle, la ville prospère. Dès la fin du XIIe les Hoenstaufen la convoitent déjà mais ce sont les Habsbourg qui la récupèrent en 1324, avec un mariage. Au XIVe c’est la guerre, les Suisses n’ont de cesse que de reprendre leur bien, le parti anglais mené par Enguérand de Coucy s’en mêle, en vain. Plusieurs familles nobles se succèdent, En 1540, les Fugger l’administrent, lui redonnent un peu de lustre et améliorent les fortifications. La guerre de Trente ans n’épargne pas Ferrette, les Suédois prennent la ville en commettant des exactions. Une armée de paysans reprend le château, immédiatement les Nordiques reviennent, leur répression est redoutable, le Sundgau est mis à feu et à sang, En 1648 le comté revient à la France, la forteresse est ruinée, mais le château bas est reconstruit. Louis XIV refile le bailliage à Mazarin qui l’habite jusqu’en 1667, la ruine définitive date de l’incendie de 1789 attribué à des « pauvres ». Actuellement, les Grimaldi de Monaco, bénéficiaires de l’héritage des Mazarin, peuvent se prévaloir du titre de comte de Ferrette. L’analyse archéologique du site est loin d’être aussi riche que son histoire. Les vestiges sont bien plus spectaculaires à la vue lointaine et extérieure qu’à l’intérieur, outre des courtines maintenues assez hautes, il conserve simplement des soubassements de bâtiments. Tout en haut du rocher se tenait un grand donjon palais, largement implanté sur deux faces dans la roche. La distribution est princière : six salles, onze chambres, cuisine et salle d’eau ! Une grande citerne se situe dans ses soubassements. Le château bas possède également un donjon dont les dimensions, 11 m de côté, impliquent un usage militaire. Découvert lors de fouilles en 1974 et vraisemblablement établi au XIIIe, il aurait subi un remaniement important à la suite du tremblement de terre de 1356. De la renaissance, sous les Fugger, plusieurs améliorations sont toujours visibles : les reprises en briques sur les fortifications, le remplacement des archères par des bouches à feu, enfin la construction d’un beau logis au pied du château haut. Là il n’en reste rien. L’accès au site se pratique facilement sur une voie dallée, depuis la rampe tu contemples les grands toits rouge-oranger des plus vieilles maisons de Ferrette. R.C.

Landskron 2009 France (Alsace)

Publié par R C le janvier 12, 2014

Landskron-chateau-R-Crozat

Landskron-ruine-R-Crozat

Landskron a survécu aux suédois, à la révolution, mais pas à la chute de Napoléon. Régulièrement adapté à l’évolution de la poliorcétique, le site cumule les curiosités de chaque époque, offrant un panorama de l’architecture militaire du XIVe au XVIIIe siècle. Depuis Ferrette, suivez le fléchage, jusqu’à Leymen, image idyllique du Jura Suisse. Vertes prairies, villages à l’urbanisme soigné et fleuri, l’ensemble est agrémenté d’une chenille jaune qui serpente dans la campagne, le tramway N°10 dessert tous les villages à flanc de coteau de Rodersdorf à Bâle. La forteresse se trouve sur une ligne de crête frontalière dominant une petite vallée qui s’ouvre sur celle de Leymen. Il faut franchir la voie ferrée et s’engager 2 ou 3 km jusqu’au hameau de Thannenwald, ensuite il reste 15 mn de marche sur une route. Dans un semblable contexte inutile de gloser sur l’état de la ruine. Une association se donne du mal pour entretenir son trésor. Inconvénient, tout est protégé, très nettoyé, peu charmant, la visite est purement factuelle. Avantage, tout est accessible, même le donjon, les espaces sont parfaitement identifiés, finalement la visite s’avère assez didactique. Cruel paradoxe. Remercions l’association de maintenir le site ouvert à tous. Je vais vous épargner un fastidieux inventaire archéologique de la ruine, toutefois récente, puisqu’elle date de 1814. En 1980, les murs étaient envahis par la végétation, le château était à vendre. Acquis en tant que bien public, les travaux sont gérés par l’association Franco Suisse Pro Landskron, qui regroupe plus de 1000 membres. 1,2 million d’Euros ont été investis en 1988 et 98, principalement dans la restauration du donjon et la consolidation des murailles du logis. Prochaine étape, faire évoluer le lieu vers un site d’animation folklorique…. Vous connaissez mon point de vue sur cette évolution trop souvent caricaturale. Le premier château est tardif, ultime fin du XIIIe, il est ruiné par le tremblement de 1356. Il semble que le donjon ait résisté. Largement remanié au fil du temps, d’une tour d’habitation il devient un support d’artillerie, puis une prison jusqu’à la révolution. Inféodés aux Rötelln, les Munch y règnent jusqu’à leur extinction en 1461. Le fief échoit alors aux Reich, vassaux des Habsbourg qui possèdent la région. Au début du XVIe les relations entre l’empire et les confédérés sont assez tendues, d’autant que la seigneurie voisine de Rotberg dépend de l’évêché de Bâle. L’empereur Maximilien mandate et finance les Reich pour transformer Landskron en une place forte dédiée à l’artillerie. Le donjon s’épaissit, autour s’élèvent les bâtiments que tu peux encore voir aujourd’hui. Le traité de Westphalie, en 1648, donne le Sundgau à la France, Vauban et son équipe interviennent pour restructurer la fortification, ils créent deux bastions sur la face Sud. Le site abrite une garnison de 300 hommes, au XVIIIe il sert également de geôle. L’importance de son casernement lui évite un démantèlement à la Révolution, la troupe est maintenue. La fin est proche, il subit un siège en 1813, les Autrichiens et les Bavarois sortent les Français, le château est pillé par les villageois, puis incendié, il est exploité en carrière Jusqu’en 1857. R.C.

Landsberg 1991 France (Alsace)

Publié par ruine sur décembre 6, 2007

Landsberg Alsace

Accès par la route du mont Ste Odile à l’ouest d’Heiligenstein. Fondation à la fin du XIIe, agrandissement dans la seconde moitié du XIIIe, remaniement fin du XIVe jusqu’au XVe et démolition au XVIIe à la suite d’un incendie, de source sûre les Suédois n’y furent pas étrangers. J’ai visité ce château par une belle journée d’été, quand l’Alsace de Hansi prend toute sa quintescence, comment ne pas ressentir l’envie de s’y arrêter.
Dans le noyau primitif, un magnifique oriel voûté en cul-de-four, encadré de baies romanes doubles, laissent présager du luxe insolent du palais dont cette façade est le dernier vestige. Au verso, la grande salle jouissait de la lumière dispensée par ces baies géminées, chacunes surmontées d’un arc roman en plein cintre et reliées par un élégant jambage constitué d’une colonnette surmontée d’un chapiteau. Tout cela demeure depuis le XIIIe. Le donjon massif en impose, son accès est aujourd’hui impossible, dans les années 70 une échelle en fer en offrait encore la visite. Une disposition commune à tous ses semblables régionaux, la porte d’entrée est au moins à la hauteur du premier étage et l’ascension s’effectuait par un escalier en bois à plusieurs volées, n’imaginez pas en retrouver un d’époque.
Sur l’enceinte de la basse-cour, subsiste toujours une remarquable canonnière avec ses gonds de pierre pour un mantelet, adaptation symbolique du système défensif aux armes à feu, en date de 1459.
Une même lignée de Landsberg a tenu la seigneurie depuis son établissement jusqu’à la guerre de Trente ans, si nous occultons l’intermède des comtes Palatin pendant presque tout le XVe. Le site a été fractionné à plusieurs reprises, une coutume en Alsace, lorsque plusieurs familles, quelquefois adverses, se partagent un lieu. Le château est en pleine forêt, il faut marcher une petite demi-heure entre chaumes et bois, un peu avant d’arriver il y a une assez jolie maison de garde chasse, si je ne me trompe pas. Belles ruines pas trop bricolées, le bel appareil de grès rose à bossage typique de la Rhénanie a bien résisté au temps, à 560 m d’altitude le cadre forestier vosgien est remarquable. R.C.

Publié dans Alsace France | Taggé: , , , | Modifier | Aucun commentaire »

Haut Landsbourg 1991 France (Alsace)

Publié par ruine sur décembre 6, 2007

Haut Landsbourg Alsace

A 620 m d’altitude sur la route des 5 châteaux au-dessus de Colmar.
Un grand quadrilatère dont les premières constructions datent du XIIIe, il a reçu des ajouts jusqu’au XVIe, pris dans la tourmente de la guerre de Trente ans, les Suédois s’en emparent en 1635, à la fin du siècle les Français parachèvent le travail.
Ma description sera purement livresque, n’ayant pu pénétrer à l’intérieur. Dans la grande enceinte, tassé dans un coin, le premier château se trouve replié sur un socle rocheux, il domine un vaste plateau dont l’occupation remonterait à plusieurs siècle avant JC. Traditionnellement, l’ensemble agglomère un palais, une tour citerne et un donjon circulaire. Au XVe, Lupfen, détenteur de la seigneurie  par son alliance avec une fille Ribeaupierre, engage le château dans une lutte contre les Palatin et l’empereur. Mauvaise partie sur le plateau, il s’ensuit un assaut qui tourne mal. A la fin du XVIe, schwendi restaure les murailles en y accolant des logis et en y adjoignant des éléments défensifs modernes : bastion pour des pièces d’artillerie, châtelet avec un pont-levis et des tours poivrières aux extrémités. la fin du XIXe les allemands ont restauré le Haut Koenigsbourg, le Conseil Régional s’est offert à la fin du XXe la reconstruction du Haut Landsbourg. Quinze années de travail plus tard, et une bonne partie du budget des affaires culturelles, la Région peut s’enorgueillir d’un lieu public de prestige. Ouvert avec parcimonie, je m’y suis rendu deux fois, en vain, courtines et portes sont en bon état, impossible de faire le mur. Reconstruit à l’identique avec les matériaux d’époque, le propos est de montrer un château tel qu’il était au XVIIe. Pourquoi pas au XIIIe ? Les jours d’ouverture, les touristes s’y pressent en masse après le rituel roboratif déjeuner dominical alsacien, petits et grands gobent les commentaires illustrés, en buvant des bières ou en suçant un ice cream.
1h 30 plus tard, ils redescendent dans la vallée satisfait de ce haut moment culturel sans charme. Image d’un pays « progressiste », le Haut Landsbourg illustre le malaise culturel français où le conservatisme est de mise. En se repliant sur les valeurs traditionnelles, la direction des Monuments Historiques érige en dogme un certain bon goût aux Français où domine la nostalgie d’un moyen âge largement idéalisé.. R.C.

Publié dans Alsace France | Taggé: , , , | Modifier | Aucun commentaire »

Ortenbourg 2002 France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 24, 2007

Ortembourg

OrtembourgRamstein

Dans le Val de Villé, visible à des kilomètres à la ronde, dirigez vous vers lui à l’instinct, puis prenez à Scherwiller la route qui mène à la maison forestière de Hühnelmüle, de toute façon le site est fléché. Il faut quand même s’envoyer 3/4 h de montée dans une forêt. Alors ça dissuade tout de même pas mal de braillards remplis de bière, en tout cas pour les plus courageux ça les calme. L’énorme masse se découvre progressivement, fissa tu accèdes à la première enceinte et tu grimpes 4 à 4 la rampe d’accès. Tu passes le pont-levis et tu te retournes pour t’accouder au parapet, la plaine se répand dans la brume, il y a souvent du vent à 450 m (c’est moins haut que Gérardmer à 600). En arrière plan, il y a les Vosges et le Haut-Koenigsbourg mais tu ne les vois pas. Il est temps de rentrer dans le vaste caisson, ambiance minérale, la courtine couvre trois niveaux. Alternent cheminées, baies, embrasures de tir, le logis est encore perceptible. C’est surtout la masse du donjon qui impressionne. 40 m, six niveaux, évidemment il ne reste plus que les quatre murs. Je pénètre par une ouverture pratiquée au ras du sol, dans le tube qui ressemble plus à un colombier, ça roucoule grave et ça pue un peu la fiente, je ressors. Je me suis gardé le meilleur pour la fin : la galerie entre le donjon et sa chemise, un mur bouclier destiné à la protection du site coté montagne, il couvre plus de 2/3 de la hauteur de la tour. Dans l’étroit passage (2 à 3m) toute la superstructure de bois a disparu, seul demeurent quelques arcs boutant, je m’imagine dans une ruelle médiévale.
allez faire un tour au Ramstein, de loin la ruine semble intéressante, sur place et après l’Ortemberg c’est plutôt pauvre. Un appareillage de pierre merdique, il ne reste plus qu’un pan d’une grosse tour. Le Ramstein aurait servi de camp de base pour mener des attaques vers le plus haut.
L’histoire de l’Ortembourg est mouvementée, Charles le téméraire le considérait comme une place forte stratégique, une campagne d’aménagement fut menée sous son bref règne.
Tout commence assez tôt vers l’an 1000, les constructions visibles datent de 1258, à cette période le château appartient aux Habsbourg, à un certain Rodolphe 1er qui se considérait roi des Romains… et pourquoi pas maître du monde ! Après des vicissitudes, arrive Charles, enfin plutôt ses hommes de main dont Pierre de Hagenbach qui finit décapité à Strasbourg. Le Téméraire pensait prendre la Lorraine et son « ami » Louis XI à revers, par le haut, en s’appuyant sur l’Alsace. Un rapport contemporain évoque qu’une garnison de 10 ou 12 bonshommes, en temps normal, pouvait faire face à un petit siège. La plupart des châteaux était bâti pour être défendu par une poignée de soldats, l’avantage étant une faible intendance et des coûts réduits pour leur propriétaire. Beaucoup  disparurent par manque d’entretien, quelquefois très rapidement, des petits seigneurs mégalos s’apercevaient après la construction, qu’ils ne pouvaient pas payer les traites de leur château, et le bien n’était pas toujours négociable. Autre utilisation pour un site fortifié en jachère, un petit noble avec sa bande de soudards s’arrogeaient le bien et en profitaient pour rançonner allègrement les voyageurs et les krutburs dans la vallée.  Signe de ces temps difficiles et mouvementés, en 1525 une révolte de kruts se termine dans un bain de sang, 15000..? paysans auraient été liquidés au pied des murailles de l’Ortembourg. Pendant la guerre de 30 ans, les Suédois occupent la place, elle sera démantelée en 1633. R.C.

Publié dans Alsace France | Taggé: , , , , | Modifier | Aucun commentaire »

Andlau 1994-2002 France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 24, 2007

Andlau

Barr, charmant petit bourg de l’Alsace typique, niché dans le mille du vignoble, au pied des ballons, dominé par son château. Une construction tardive dont les états font mention à partir du XIVe. A l’abri des vicissitudes temporelles, des bandits et des Suédois, l’ensemble est intact avant la révolution. Vendu comme bien national à un rapace qui le dépèce monnayant toiture et boiseries, rapide sera sa ruine. Je hais tous ces gars-là, marchands de biens d’hier et d’aujourd’hui. Henri-Paul s’interroge sur la présence des deux donjons, alors qu’un seul suffisait amplement. La mégalomanie répond en principal et je partage son avis, d’ailleurs à quoi sert finalement un château fort, si ce n’est à asseoir le nom et la puissance d’un type doué pour exploiter les servants qui lui sont inféodés ? Aujourd’hui, les Chinois se font construire des buildings de plus de 400 m de hauteur, au XIIe les bourgeois de San Gimignano se jalousaient avec des tours de 25 m qui surplombaient leurs palais. Revenons à Andlau, la présence de ces deux donjons, pourrait s’expliquer par une scission du bien, corroborée par l’édification du petit palais sur le flan de la pointe Nord.
La visite du lieu réclame quelques détours en automobile (passez par la D854 et empruntez une route forestière jusqu’à la Hunterplatz, ne passez pas par Andlau) puis envoyez-vous une bonne demi-heure de marche dans les bois, comme à l’accoutumé. Le monument apparaît soudain au dernier virage, le mur de la basse-cour est très ruiné, en revanche le bel appareil des courtines est intact, il a bénéficié d’un ravalement vers 1930. Nous entrons dans l’enceinte par une porte ogivale du XVIe, la cour est sombre, les murs sont percés de hautes archères. Sur les deux niveaux supérieurs l’alignement de baies ogivales polylobées reposant sur des colonnettes surprend toujours dans le cadre un ouvrage fortifié. S’agit-il d’un aménagement du XVIe, la mode n’est plus à l’arc brisé ? Il faut imaginer que tout était encore couvert au XVIIIe. Un coup d’œil circulaire, 11 m sur 34, vite vu, les donjons sont inaccessibles une habitude de la région, la visite est terminée, vite au Spesbourg. R.C.

Publié dans Alsace France | Taggé: , , , | Modifier | Aucun commentaire »

Guirbaden 2002 France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 24, 2007

Guirbaden

C’est long pour arriver à Guirbaden, j’ai laissé la voiture sur le parking d’une auberge au bord d’un ruisseau, 3/4 h de marche dans la forêt. Sur un petit col près d’une clairière il y a deux ou trois châtaigniers séculaires, finalement je ne suis plus très sûr s’il s’agit vraiment de ce château. La forteresse est planquée en plein bois, il ne reste plus beaucoup de superstructures, autant dire que je tombe dessus sans avertissement, ni fossés, ni esplanade. Un pan de mur rose, émerge de la verdure, soutenu par un bel arc de décharge qui relie les blocs de fondation. Difficile d’embrasser un plan large. Je parviens à une première porte en ogive, l’emprise est vaste. Après une succession de portes et de murs, j’accède au point le plus haut, un peu d’escalade me permettra de voir un peu plus. Et non mon gars, tu reviendras en hiver pour la vue panoramique, à travers le feuillage un grand mur barre tout l’éperon. Je me fraye un passage dans les ronces et arbustes, le mur aveugle m’empêche d’aller plus loin. Demi-tour, je cherche à le contourner. Des photos aériennes datant des années 70, expriment assez bien l’étendue du site, son emprise totale de la sommité arasée. Les deux enceintes sont encore parfaitement distinctes, sans recul difficile de les apréhender dans la jungle actuelle.
Le second château, à l’est, comprend une caserne, à son extrémité les restes d’un donjon envahi par la végétation, et un bâtiment allongé entièrement restauré, façon corps de ferme, qui s’avère être une chapelle. La basse-cour est une vaste prairie, idéale pour jouer au foot ou faire un pique nique.
Le château daterait du XIIe, l’ensemble s’étend sur 2 ha à 560 m d’altitude, rappelez-vous que le plus haut sommet des Vosges culmine à 1426 m. En 1182, Frédéric Barberousse assiège le site et le démoli. Au XIIIe, un nouveau château à l’alsacienne est reconstruit, tour, donjon, palais luxueux occupent le plateau, un fossé et un mur d’enceinte séparent les 2 châteaux. Améliorations défensives aux XV et XVIe, pendant le XVIIe les Suédois puis les Français auront définitivement sa peau. R.C.

Publié dans Alsace France | Taggé: , , , | Modifier | Aucun commentaire »

Franckenbourg 2002 France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 24, 2007

Franckenbourg

Du côté du Val de Villé, avec un accès par une route forestière qui n’est pas ouverte tous les jours. Tu laisses ta caisse au grand parking, à la belle saison, le week end, là-haut tu n’es pas vraiment seul. Le château est sur une colline bien isolée, sur ses pentes boisées il subsiste des restes d’un mur païen qui semblait la circonscrire. Première fondation du château moitié du XIIe, quelques remaniements au XVe qui nous gratifient d’une tour d’artillerie avec de belles bouches à feu à redans, l’enceinte à bossage date de la fin XIIe ainsi que le donjon circulaire. Nous sommes bien en Alsace, les ingrédients récurrents de la fortification rhénane sont là : grès rose, appareil parfait en pierres à bossage, la légendaire qualité germanique ne date pas d’aujourd’hui. La ruine est du XVIIe toujours les Suédois…
Un peu de généalogie, le château est passé entre beaucoup de mains : les premières de siegebert de Franckenbourg, puis celles des Stauffen, des Werde, des Mullenheim, de Jean Huttenheim zu Ramstein. C’est au tour des collectivités, les grandes familles ne peuvent plus entretenir les sites, alors les villes qui s’enrichissent et craignent de voir ces forteresses abriter des bandes de soudards assoiffés de gewurz, récupèrent les lieux. Franckenbourg tombe dans l’escarcelle de la Ville de Sélestat pour finir dans celle du grand Chapître de la cathédrale de Strasbourg, pour info, en 1611 la garnison est de deux soldats.
La visite est gratuite, la promenade dans la grande basse-cour est agréable, entre tas de pierres, puits et donjon, mon oreille traîne à l’écoute des balivernes d’un gros malin qui épate une tribu de ménagères endimanchées par des robes à flowers “dans le temps, ils ne devaient pas avoir chaud et les loups rôdaient…”. La promenade aux pieds des remparts est plus calme, faire le tour de l’enceinte, dernières photos avant de voir la pierre virer au violet. R.C

Publié dans Alsace France | Taggé: , , , | Modifier | Aucun commentaire »

Wegelnburg 2005 Allemagne (Palatinat)

Publié par ruine sur novembre 18, 2007

Wegelnburg Allemagne Palatinat

Wegelnburg Allemagne Palatinat

Il était déjà tard quand nous quittâmes Fleckenstein, pour atteindre le Hoenbourg il faut redescendre jusque dans la vallée et bien sûr remonter fissa sur l’autre ballon. Dans un virage, il y a le panneau du Club Vosgien avec au moins 1/2 h de marche, damned il fera nuit en haut. C’est bien la seule fois où j’appréciai la motricité d’un 4 x 4. A vive allure sur le chemin recouvert de feuilles, je surveille la crête pendant que Paul fait rebondir la Marcel d’une ornière à l’autre. Au détour d’une épingle à cheveux nous laissons l’os et gravissons la pente ventre à terre. Au travers les branchages sur le sommet nous apercevons le pain de grès sombre, dans 1/4 h il fera nuit. La masse sombre du château s’allonge devant nous ou plutôt celle du rocher qui le porte, il fait un froid de canard là-haut, quelques flocons tournoient, le sol n’a pas dégelé. Une belle plaque de fonte signale en écriture gothique : Wegelnburg. “Attends, c’est pas le bon, nous sommes dans le Palatinat, je le connais pas celui-là”. Rapidement nous faisons le tour du propriétaire, trois niveaux de terrasses, une vue imprenable et lugubre sur les derniers ballons qui émergent de la brume avec un bon vent du nord, ambiance Carpates et Dracula.
Du château du XIIe il ne reste pas grand-chose, comme tout ses semblables troglodytes, seules les pièces creusées dans le grès subsistent. Des soubassements de murs laissent imaginer le plan, qui s’apparente à celui d’un navire de guerre avec sa poupe et sa proue fuselées. Des tours défendaient chaque extrémité, les murs épousent parfaitement la forme du rocher. Nous franchissons la première enceinte au pied du rocher, il y a un château haut et un château moyen. L’ensemble est parfaitement restauré, rejointoyé à l’allemande, un peu trop à mon goût. Heureusement, l’heure tardive et les conditions climatiques procurent au site tout son mystère. Un silence vraiment pesant nous entoure, pas une habitation, la forêt à perte de vue, des corbeaux coassent une dernière fois avant de rentrer au bercail. En redescendant, le chemin principal remonte vers une autre butte en s’approchant nous distinguons à travers les arbres la silhouette carrée du Hoenbourg, trop tard, il fallait aller vers la gauche tout à l’heure.
Premières mentions des Wegelnburgen 1246, après un premier siège en 1282 le château s’agrandit puis il passe de mains en mains pour finir ruiné en même temps que Fleckenstein et ses voisins. Aujourd’hui nous appelons ça de l’optimisation car toutes ces places fortes ne sont distantes entre elles que de quelques kilomètres à vol de corbeau. R.C.

Publié dans Alsace France | Taggé: , , , , | Modifier | Aucun commentaire »

Fleckenstein 2005 France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 18, 2007

Fleckenstein Alsace

Fleckenstein Alsace

Fleckenstein j’en rêvais depuis 84, je l’avais loupé de peu. Vu au loin, il flottait sur la prairie comme un navire.
20 ans plus tard, il fait froid et grand beau, la lumière acérée ne pardonne pas. Il est déjà tard quand nous arrivons à Lembach, la route monte dans la forêt de sapins et de chênes, parking de supermarché, visitor center fermé, mais tu peux quand même boire une pils, à un kilomètre au loin, le pain de grès. Il dépasse la forêt qui, dans les années soixante-dix arrivait au pied de la muraille, à présent tout a été nettoyé, déblayé, “cleané”. Aux alentours d’autres résurgences émergent de l’uniformité verte quand le soleil les accroche. En route et au pas de charge, cette fois je suis avec Paul, il aime bien les châteaux surtout les Alsaciens, normal pour un Alsacien. Préalable à notre immédiate ascension, je prends les billets à la minuscule guitoune écrasée par la masse rosâtre. Première enceinte, première chicane, une bouche à feu en fève, une voie carrossable taillée dans le grès mène au pont-levis. Première salle creusée dans la roche, facile avec le grès rose il s’effrite sous le doigt, un pauvre musée lapidaire avec des vitrines des années soixante.
La salle du puits, un ingénieux système de poulies avec renvoi permet de lever l’eau plus facilement quand un bourricot tourne dans la pièce d’à côté. Ca me fait toujours marrer la technologie médiévale, bois ferraille et bourricot ou esclave. Point d’orgue du château, les escaliers donnant l’accès à la terrasse, ambiance garantie par un éclairage soigné (loupiote de balloche de 5 watt multicolores) et bruitage à l’anglaise, mais ici, point de bruit de cuisine, plutôt des éructations de chevaliers (han, han, ah…) avec cliquetis d’épées. Au sommet, j’embrasse un point de vue sur la forêt infinie et déprimante, le vert dur des sapins succède au rouquin des caduques et au loin la brume descend. Le Lowenstein et le Hoenbourg ne sont pas loin, j’en aperçois un, l’autre est juste derrière le ballon à gauche.
La vraie histoire du Fleck. Mensurations : altitude 400 m, 40 m de haut, 8 m de large et 50 de long. Au XIIe, les Fleckenstein font partie des grandes familles d’Alsace qui n’hésitent pas à se quereller avec les Habsbourg, l’affaire vaut au château son premier siège. Cela n’empêche pas à la dynastie de conserver le bien jusqu’en 1720, alors que le château a été démoli en 1680. La construction visible aujourd’hui semble tardive, ou largement aménagée au XVe, les embrasures de tir attestent de l’usage des armes à feu.
La démolition fait suite à la guerre de 30 ans qui oppose la France aux Autrichiens. Le traité de Wesphalie donne les droits des Habsbourg sur l’Alsace à la France, 25 ans plus tard au détour d’un conflit avec les Hollandais l’empire remet la main sur la région, heureusement en 1675 Turenne met la pâtée aux Impériaux à Turckheim. En 1679, au traité de Nimègue, c’en est terminé de l’Alsace aux Habsbourg… pour deux siècles.
1674, Fleckenstein défendu par 14 paysans et un intendant ne fut qu’une bouchée de pain pour les troupes françaises armées jusqu’aux dents, cinq années plus tard la forteresse est détruite à coup d’explosifs, quel spectacle pour les manants. R.C.

Publié dans Alsace France | Taggé: , , , | Modifier | Aucun commentaire »

Wasigenstein 2006 France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 18, 2007

Wasigenstein France (Alsace)

Wasigenstein France (Alsace)

Une chance que le pain de grès rose qui supporte les constructions des Wasigenstein n’ait pas plus de deux protubérances, sinon il y a lourd à parier que nous aurions eu autant de “châteaux” que de bosses. Le site ne manque pas d’allure, en pleine forêt un éperon verrouille le fond d’une vallée. Image récurrente des Vosges du Nord, quand une longue barre rose orangée émerge de l’épaisse masse sombre des conifères. Le parking est à 15 mn, il suffit d’emprunter un sentier qui descend vers le site, auparavant tu auras bifurqué après Niedersteinbach sur une petite route en direction de la frontière. De ce côté, le château n’est pas visible, d’ailleurs une vue dégagée sur l’ensemble du site n’est pas aisée. 30 années et 5m séparent les deux forts. A l’est vers le col, le plus ancien et le plus grand, il occupe un long promontoire sur lequel se dressait surtout un donjon, dont un altier pan de mur à la proue du rocher défie le temps. Heureusement pour lui, il a été largement consolidé. A l’ouest, vers la vallée le petit Wasigenstein élevé dans les dernières années du XIIIe, ici le rocher est étroit tout au plus une emprise de 100 m2, pour l’impérial donjon qui le coiffe. Tout est en élévation alors que tout est excavations pour l’ancêtre. Construction remarquablement soignée, l’appareil est à bossage, impeccable dans le plus pur style germanique. Les ouvertures sont des lancettes bien proportionnées, enfin luxe insolent et raffinement dans cet environnement sauvage, la baie principale du donjon ouvrant sur la vallée était surmontée d’une ornementation en trilobe.
Le site est mentionné au XIIe, apparemment les constructions visibles sont datées du XIIIe, je n’ai pas vu de traces d’occupation au pied du rocher, pas d’enclaves taillées ou d’encoches pour recevoir des madriers. Au titre des particularités, vous aurez remarqué en arrivant sur le site, au fond du fossé artificiel qui isole l’éperon de la montagne, deux dispositifs : une piscine qui servait d’abreuvoir et rendait encore plus difficile l’escalade de la paroi, enfin en vous retournant, sur la contrescarpe vous admirerez un ingénieux système de récupération d’eau avec sa citerne, complété d’un petit lavabo dans une niche.
Les wasigenstein construisent et occupent le site pendant presque un siècle, puis il est partagé entre les Hohenbourg et les Fleckenstein, deux seigneurs voisins auxquels le dernier mâle Wasigenstein marie ses filles. Dénués d’intérêts stratégiques, les châteaux passent de mains en mains, il y aurait eu plus de quinze propriétaires simultanément. Au XVe, une bande de brigands fait main basse sur le rocher avec son corollaire d’exactions dans la contrée. Aux termes de plusieurs sièges, retour au calme avec les Lichtenberg puis les Fleckenstein au début du XVIe.
Le démantèlement, plutôt pour la forme, sera effectué en 1680, six années après le Fleck, qui présentait une vraie menace pour les troupes de Louis XIV. Le Wasigenstein n’aurait pas subit de modifications ultérieures au XIIIe, notamment des équipements pour répondre à l’artillerie. R.C

Publié dans Alsace France | Taggé: , , , | Modifier | Aucun commentaire »

Windstein “nouveau” France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 8, 2007

Nouveau Windstein Alsace

Nouveau Windstein Alsace

1334 ou 32 les Winsdstein se retrouvent sans château, assorti de l’interdiction de le reconstruire, inconcevable pour une famille noble. Au XIVe, un nom demeure encore attaché à sa motte et à sa tour féodale. A partir de 1339, à 800 m sur une colline, le nouveau Windstein sort de terre, contrairement à son voisin le bâtiment est intégralement construit, et repose sur un socle de grès. Une seule salle troglodytique, son plafond fissuré est étayé par des colonnes constituées d’un astucieux empilement de cylindres, cet aménagement semble être contemporain de l’excavation. En arrivant, tu seras surpris par le calme qui règne par ici, au milieu des bois, la masse rose et moussue ne se devine pas de loin. Sur le plateau, il subsiste des petits ouvrages défensifs semi enterrés datant de la première guerre mondiale. Ils font pâle figure devant le front d’attaque du château : l’imposant mur bouclier, la tour ornée de bouches à feu, ou accrochée au bastion Ouest la mignarde bretèche aux ingénieuses canonnières. L’ouvrage le plus ancien est le donjon, l’enceinte, principalement sur les parties les plus exposées (nord et ouest) a été largement remaniée à la fin du XVe, afin de résister aux tirs d’artillerie. La grande façade Est a conservé son allure du XIVe, avec ses belles ouvertures, elle appartient à celles des plus beaux palais alsaciens. Sur ce versant plus escarpé, la faible probabilité d’attaque a permis d’agrémenter ce côté de baies gothiques toutes différentes. Tu pourras t’interroger sur l’apparent bon état du site et de ses constructions, des fouilles et d’important travaux de restauration ont été entrepris en 1983. Il plane toujours une interrogation sur l’érection du fort, la date de 1339 reste à vérifier, il se peut que la partie centrale (le logis) soit du XIIIe ?
Autre incertitude qui relève plus de l’imagerie pour le peuple ; un souterrain relierait les deux châteaux distant de 800 m, chacun sur leur socle de grès à 360 m d’altitude et séparés par un col… Sur le chemin qui relie les deux sites vous allez longer une barre rocheuse sur laquelle s’accrochait un troisième château constitué d’une tour et d’une salle taillée dans le grès. Hormis 1676, date de sa destruction et une attaque pendant la guerre de Trente ans, il a plutôt fait bon vivre là-haut : grandes fenêtres à banc pour contempler le lever du soleil ou la vue sur les cultures prometteuses, cheminées à tous les étages, bien à l’abri derrière l’épaisse muraille du front Nord. R.C

Publié dans Alsace France | Taggé: , , , | Modifier | Aucun commentaire »

Windstein “vieux” 2006 France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 8, 2007

Vieux Windstein Alsace

Vieux Windstein Alsace

Comme une formidable sculpture. Des gravures anciennes laissent découvrir un paysage irréel, à peine exagéré tant le site est torturé, plusieurs milliers d’années d’érosion, chaque jour inlassablement les grains de grès continuent de se détacher du massif. Il faut s’imaginer ces blocs décharnés dans un environnement de prairies, aujourd’hui ils émergent difficilement de la gangue forestière qui les cerne. Nos ancêtres trouvaient dans ces pains de grès, si friables, des lieux fortifiés à bon compte puisqu’il ne s’agissait plus d’empiler des pierres, mais de sculpter, d’excaver, de tailler des salles, des coursives, des volées d’escalier… la construction s’élaborait depuis l’intérieur. A la fin du XIIe, l’abée de Neubourg occupe le site et fait entreprendre « la ronde bosse », pour le compte des Hohenstaufen, un avant poste destiné à protéger la cité d’Hagueneau. Les terrasses supérieures sont dévolues au guet, plus qu’à l’habitation, l’accès devait se faire par des échelles en bois car il ne subsiste rien pour y accéder. Sur la plateforme, une tour et un donjon assumait leur fonction symbolique dominante, toute l’activité se déroulait au pied du bloc, de nombreuses traces dans le rocher l’attestent.
Au nombre des curiosités, il y a le puits de 41 m de profondeur accessible depuis deux niveaux, les salles troglodytes, la citerne avec ses rigoles de récupération d’eau. Tu remarqueras aussi, taillés dans le grès tendre, des encoches pour y attacher les animaux. La promenade est plutôt ludique, l’arrivée à la première terrasse, ancienne basse-cour, est aisée, mais inaccessible car une maison d’habitation y a été construite. L’accès au niveau intermédiaire des salles et du puits s’effectue par des marches à flanc de rocher, rassurez-vous les passages délicats sont bordés de gardes corps en bonne ferraille, un peu désuets mais efficaces.
Le vieux Windstein fut l’objet d’une scission familiale et les deux blocs, distants de quelques mètres se fortifièrent en se défiant l’un de l’autre, puis le site échoue entre les mains de brigands qui rançonnent dans la vallée. La démolition de 1334 mit tout le monde d’accord, d’autant qu’elle était assortie d’une interdiction de reconstruction. Elle n’empêchera pas une nouvelle édification dans le courant du XIVe, incendié en 1515, la fin du site date de 1676, lorsque les troupes françaises écument les Vosges du Nord et récupèrent l’Alsace. R.C.

Publié dans Alsace France | Taggé: , , , | Modifier | Aucun commentaire »

Otrott 2002 France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 8, 2007

Ottrot Alsace

Ottrot Alsace

Investissement du site au XIe, jusqu’au XIIe c’est un ouvrage en bois posé au centre de l’éperon. Début du XIIIe construction du premier château à l’ouest, dit de Ratsamhausen, par les Lutzelbourg (celui de gauche), 50 ans plus tard construction à l’est du Lutzelbourg, au milieu l’édifice primitif est en ruine. Les deux châteaux sont distants de 100 m, sympa pour le canardage d’une tour à l’autre, l’un appartient à l’empereur et l’autre à l’abbesse du Mont. A la fin du XVIe le site est réunifié. L’accès se fait par la route du Mont Sainte-Odile. A la sortie de Klingenthal aller vers  Eichwaeldel, enfiler vos pompes de marche et c’est parti pour une promenade en forêt.
Que s’est-il passé là-haut pendant sept siècles, outre des travaux de construction d’embellissement et d’adaptation aux armes à feu ? Peu d’informations, peu d’importance stratégique, la vie semble douce dans la montagne, quelques échauffourées  à la fin du XIIe entre les évêques de Strasbourg et l’empereur. En 1375, des Anglais auraient incendié le Lutzelbourg qui n’était qu’un château de siège comme le Ramstein avec l’Ortenbourg. La reconstruction du nouveau palais seigneurial hérite d’un style pré-renaissance. Charles le Téméraire aurait eu quelques infructueuses velléités, plus tard c’est la guerre de 30 ans et le début de la ruine. La révolution parachève le boulot et sonne le glas de cette relative quiétude, tout le monde redescend dans la vallée.
L’incontestable avantage d’une visite en hiver, c’est bien sûr l’absence de végétation, les inconvénients, eux, sont multiples, neige, froid, 3 h de lumière par jour, site bouclé…
Autre avantage et de taille : tu es seul sur le lieu. C’est toujours avec un petit pincement que j’arrive devant un château, d’autant que nous sommes le 30 décembre, cette fois j’en ai deux à voir. Je file vers le Lutz ouvert à tous les vents. Effectivement, les fenêtres du palais ont conservé leurs meneaux, les murs se dressent sur au moins 15 m, les cours jonchées de ronces, la désolation est prégnante et la « chaleur » des lieux m’invite à me retrouver à l’air libre, c’est à dire à l’extérieur de l’enceinte. Direction le Ratsamhausen, ses façades bricolées, ses enchevêtrements de murailles attestent des nombreux remaniements depuis le début du XIIIe. Le palais donjon carré aurait des origines normando-siciliennes, à ses côtés, j’admire les corbeaux de la tour du XIIIe qui supportait un hourd. Dommage, l’entrée est fermée et faire le mur comporte certains risques, toujours plus facile de monter que de descendre. De plus, la cheminée de la maison du garde fume et il fait presque nuit.. R.C.

Publié dans Alsace France | Taggé: , , , | Modifier | Aucun commentaire »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s