Ouzbekistan

Nurata 2001 Ouzbekistan

Publié par ruine sur février 29, 2008

Nurata Ouzbekistan

“Mahomet s’est arrêté à Nurata.”
Après les monts, c’est la plaine d’Asie centrale, pays des nomades. Dernier village de paysans sédentaires écrasés par un soleil de désert. Sous les treilles après le déjeuner tu fais la sieste vautré sur le châlit entre tapis et coussins multicolores. Les Tours Op proposent une halte, il y a là une mosquée du XIVe, qui ne ressemble en rien aux gigantesques constructions de la place du Registan de Samarkand. Depuis sa terrasse couverte, tu aperçois sur la colline, en face, les ruines d’un château. En pleine journée les 50 m de dénivelé sont exténuants, première enceinte, puis la seconde sur laquelle tu peux discerner ça et là des vestiges de tours carrées. Le sommital est couronné, lui aussi, par une tour ruinée. L’ensemble se délite, s’érode tranquillement, la terre crue toujours. La fondation du site est attribuée à Alexandre lors de son occupation de la Sogdiane au IVe av JC. Peu de chose, l’ambiance générale du site est ocre mat, depuis le sommet de la colline, un coup d’œil pour le patelin en contrebas, un autre pour la chaîne des monts Nurata plus loin et un dernier, sous ce soleil pesant, pour la plaine d’Asie centrale aux reflets dorés. Tu sais que tu ne mettras plus un pas sur ce lieu. En redescendant, un autochtone nous présente fièrement son oiseau (espèce entre le mainate et le perdreau), la bestiole a l’air de lui obéir, elle chante quand tu la mets dans l’obscurité, le type a même installé dans son salon une piste d’entraînement  pour des courses d’oiseaux. Fissa, le chauffeur attend, “aller au revoir et n’oublie pas d’envoyer une photo”, nous allons rejoindre un “Tatar Mongol” qui nous emmènera à notre campement de yourtes. Le lendemain, route vers le nord, nous aurons droit à un tour de barque sur le lac Aydarkoll, quelques indigènes s’y baignent. R.C.

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Afrasiab 2001 Ouzbékistan

Publié par ruine sur février 29, 2008

samarkand, afrasiab

Samarkand valait bien un voyage en Asie centrale, les photos des coupoles au soleil couchant achevaient de me convaincre. L’endroit ne regorge pas de châteaux en ruine, l’Ouzbékistan compte néanmoins quelques forteresses, il faut alors remonter vers la mer d’Aral depuis New Ourgench. La zone ne se visite pas vraiment et les guides chauffeurs annoncent ne pas savoir s’y rendre, malgré la localisation des châteaux sur les cartes… Le moindre site ruiné ou le plus petit morceau de rempart sera une bouffée d’imaginaire sogdaniesque dans cet univers de mosquées et d’écoles coraniques. J’admets que la subtilité architecturale et décorative de ces lieux à fini par me lasser, un Ouzbek pourrait en dire autant de nos cathédrales gothiques.
A notre arrivée en fin de journée dans la ville mythique, nous nous précipitons vers le dernier pan de muraille debout, ultime vestige d’Afrasiab. Morceau de bravoure de la cité disparue au XIIIe, exhumé en 1991 et restauré depuis. 6 m de largeur construit avec des blocs d’argile crue, il domine la ville nouvelle actuelle de Tamerlan. Contemporaine de Babylone, la cité fondée au VIIIe av JC devient la capitale de la Sogdiane en 329 lorsque Alexandre en fait un poste avancé de son empire. L’hégémonie grecque durera un siècle et demi, puis elle passe aux mains des chinois, des Arabes, et prospère avec les muslims. C’est fini en 1220, Gengis et ses sauvages déferlent sur les plaines d’Asie Centrale, brûlent et razzient la ville. Sur le plateau, les ruines fondent lentement, toujours la brique crue, en contrebas la nouvelle Samarkand scintille.
La visite du plateau prend l’allure d’une promenade sur le Causse, fossés, buttes, vallons où je crois discerner, plutôt j’imagine découvrir un pan de mur, l’entrée d’un grenier dans le loess. L’immense champ de bataille est seulement investi par des moutons et des bergers faméliques. Le fameux méchoui d’Asie centrale au gras et rien qu’au gras du mouton dont les Ouzbeks se délectent les jours de fête. Easy digest. Immanquablement, les Russes élevèrent un musée, faste
suranné, murs lépreux, vastes salles sombres, poussière jaunâtre, sa visite passionnera certainement les membres zélés des voyages organisés Clio. L’arrière du lieu abrite un musée
lapidaire sous des tôles ondulées qui doit aussi servir d’abri aux moutons, le soir. R.C.

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Boukhara 2001 Ouzbékistan

Publié par ruine sur février 29, 2008

Boukhara

Que reste t-il des puissants remparts de Boukhara ? Un talus fondant qui culmine encore à 7 ou 8 m. Le long mur est encore bien visible, à l’écart des visites proposées par les Tours Op, il n’est évidemment pas entretenu et sa lente fonte est inexorable. La pierre est rare en Asie Centrale, en revanche le sol argileux procure toute la terre nécessaire à la confection des matériaux de construction. Utilisée pour les habitations, palais ou fortifications la brique crue remonte à la nuit des temps, plus tard la cuite, à haute résistance, sera idéale d’abord pour les mosquées, les medersas, les minarets et enfin pour les habitations. A Boukhara, les remparts dont la vocation défensive est évidente, sont élevés en blocs d’argile crue, aussi hauts que larges, ils s’érodent à chaque pluie. Au XVIe, cette technique des blocs cyclopéens est de moins en moins courante. Alors ? Peur d’une nouvelle invasion avec razzia totale du patelin ou amer souvenir du passage de Tamerlan quand la ville fut entièrement ravagée. Le khanat de Boukhara reprend du poil de la bête, il faut reconstruire et vite, l’argile crue se prête plus facilement à édification rapide d’une muraille.
L’embellie du Khanat profite aussi à l’Ark, citadelle sur son terril, elle se présente aujourd’hui dans sa configuration du XVIe. Puissant, l’Ark impose toute la force de son maître, essentiellement par  son aspect extérieur, la masse de son talus maçonné de briques ondule au gré de ses courtines et de ses tours. Hélàs pour l’intérieur qui ressemble plus à un no man’s land avec encore une ou deux mosquées. Du haut de la muraille la vue est belle, sur une vieille mosquée, un mirador façon Eiffel et sur toute la ville de l’autre côté.
Le développement de la cité à l’époque de la colonisation russe a provoqué la démolition d’une grande partie des remparts. Vous trouverez de beaux vestiges en allant vers les parcs et le marché couvert indigène. R.C.

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