Loches 2013 France (Indre et Loire)

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Le XVe siècle fut à Loches ce que le XVIIe fut à Versailles, impétueux, hélas un pont plus loin endormit définitivement la ville et son rocher. Sa cristallisation profite aux touristes qui jouissent d’une cité intacte dans ses derniers lustres, à la fin du XVIIIe. Lorsque la Loire s’est franchie à Tours, la route commerciale vers Paris s’y est déplacée elle aussi. Loches a sombré, pour mieux renaître en fignolant son caractère de petite ville royale délaissée, toujours à l’abri de ses immenses remparts. Une imposante stature aux beaux effets de géométrie descriptive, admirables dans une précise interpénétration du volume des tours dans les courtines. Au rang des distinguées, ses trois fameuses tours en amande chacune équipée d’un même artifice dissuasif, plus élégant que stratégique. Une longue archère fend la pointe de l’éperon, elle ne procure aucune vision latérale, au mieux elle fragilise la construction, la beauté du geste survient par le méplat de l’étrier qui termine l’élégance. Ce formidable ensemble cerne le donjon originel, du Foulque Nerra, ici les contreforts du gros quadrilatère sont arrondis. Remaniements incessants, chaque propriétaire y laissant du sien, marquer son territoire et son époque, la postérité leur appartiendrait encore. Au plus haut, face au sud, le véritable château fort, une énorme tour de 36 mètres pour 23 sur 15 de côtés, cernée d’appendices. Au début du XIe, il faut l’imaginer seule sans ses remparts, ceux que nous admirons encore furent construits pour Henri Plantagenêt au XIIe siècle. La fortification n’était pas la première non plus, au Ve un monastère occupe la colline, suivi d’une forteresse au siècle suivant, démolie par « les fils de Charles Martel », dont Pépin le Bref ? A la fin du XIe, une seconde tour de 25 m, accolée au donjon en défend son entrée, la troisième ne date que du XVe. La construction du logis royal sur la falaise Nord, vers 1370, sous le règne de Charles V, désacralise le donjon, dévolu à la prison royale pour les célèbres prisonniers de Louis XI. Gommée, la fonction résidentielle, le touriste se rince l’œil de graffitis et d’art rupestre, chaque condamné quand il ne croupissait par dans une cage, s’ébattait dans sa geôle pinceaux à la main. Un souterrain, voire plusieurs couraient dans le rocher.
Charles VII jusqu’à son couronnement partageait son temps entre Loches et Chinon. Le perpétuel angoissé paranoïaque y fut heureux avec sa favorite affichée, intrigante jalousée et amoureuse de Jacques Cœur. Dernier souvenir, la petite tour belvédère dite « d’Agnès Sorel » dominait un joli paysage où roucoulait l’Indre, des toitures d’ardoises luisent sous un pale soleil, deux autres rangs de fortifications s’insèrent dans l’urbanité. Le beau logis profite encore à Anne de Bretagne, ces deux époux successifs l’agrandissent en flamboyant, ultime gothique et fin de Loches. Une visite vaut une promenade de plusieurs heures, longer au pied des remparts, en faire un tour, fréquenter les portes fortifiées, la collégiale, le logis mignard abri de biens d’ébats royaux, enfin des geôles sordides dans les hautes tours. Entre chaque bâtiment remarquable parsemé sur le plateau s’étend, au fil de ruelles et d’allées ombragées, un espace d’habitations sans avenir, hormis celui du XVIIIe siècle. R.C.

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Picquigny 2013 France (Somme)

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Une surprise agréable, tenue à l’écart sans publicité aux portes d’Amiens, à Picquigny les maisons de briques contrastent avec la blancheur du calcaire dont les fortifications se parent. Toute la ville se trouvait ceinte jusqu’à la Somme, sur l’avancée du plateau supérieur le château dominait la cité. Les vues les plus emblématiques surgissent de la route de Neuilly, un gros corps de logis dépasse des champs, fondement d’un ancien donjon érigé peut être au XIe, l’épaisseur sur ce front d’attaque avoisinerait les cinq mètres. Impossible de vérifier, l’accès à l’intérieur des ruines reste fermé. Dommage, il recèle quelques beaux morceaux que je me contente de décrire selon le compte rendu de Monsieur Jean-Pierre Delory. Un état des lieux qui mérite de l’attention, l’abondante information textuelle : des visuels allant de gravures de la fin du XVIIIe, aux cartes postales antérieures aux guerres du XXe. Un reportage photos des années 1970, avant le défrichage et la mise hors gel jusqu’aux derniers relevés, forment un ensemble documentaire de choix. Nous y apprenons que la ruine progresse peu depuis l’abandon du château vers la fin du XVIIIe, que pendant la seconde guerre mondiale, en 1940, certains bâtiments ont souffert, notamment le pavillon Sévigné criblé d’impacts. L’image du château s’élevant sur trois niveaux figure sur un dessin assez réaliste, ultime épreuve d’une grosse demeure d’allure austère encadrée de grosses tours rondes. Les fenêtres, hautes et nombreuses le distancient de l’allure médiévale et défensive, pourtant il garde ses oripeaux fortifiant, avec le châtelet d’entrée, ses tours flanquantes, l’éperon barré et surtout son réseau de murailles pour la partie haute. De l’enceinte de la ville, entretenue jusqu’au XVe je n’ai pas vu de vestiges. La puissance parle depuis le chemin des Rossignols, plombé par la monstrueuse muraille qui écrase les passants, couloir sinistre depuis que la ruine ronge appuyée par des arbustes rampants. La ruelle se finit sous le pont qui l’enjambe avant de s’ouvrir sur le plateau, c’était là le front d’attaque. Picquigny garde le passage de la Somme, aux marches du royaume, la seigneurie étendue, puissante et d’importance domine le Moyen Age. La famille donne des chevaliers Croisés de la première croisade avec Godefroy jusqu’à la septième en compagnie de Louis IX (dit le saint). Plusieurs rois séjournent ici, Louis XI y signe un traité en 1475 avec Edouard IV d’Angleterre, la guerre de Cent ans prend fin sans heurts, ensuite y passent Charles VIII, Henri IV, Richelieu, puis Madame de Sévigné amie de la duchesse. Deux accès libres mènent au plateau, l’escalier St Martin et l’imposante porte du Gard qui détenait encore sa herse jusqu’en 1914. La basse-cour est divisée en trois espaces dont la Baille, un terre-plein occupé en partie par la collégiale, ancienne chapelle du castrum, un vaste jardin au dessus de la ville et la cour fermée du château accessible depuis la baille par une poterne avec un pont-levis. Un autre pont, au dessus de la porte du Gard, ouvrait vers le pavillon Sévigné et permettait d’aller dans le jardin sans franchir de portes. Le logis du château comportait quinze appartements, son plan en L est flanqué de trois tours, une quatrième défend la porte principale, belle et typique avec un arc d’ogive, ses deux ouvertures, pour les chars et les piétons, équipées de ponts-levis. Le contraste saisit le voyageur contemporain, qui parcourt un bourg déjà du Nord à la brique terne, surpris par l’étendue de la richesse et de la puissance passée. Je n’ai pas évoqué les vestiges domestiques sous la ruine.  R.C.

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Le livre, pour les fêtes

anasha-ruine-r-crozatVue des ruines du château d’Anasha

LE LIVRE

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Marizy St Mard 2011 France (Aisne)

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Marizy Saint-Mard est à deux kilomètres de Marizy Sainte-Geneviève, entre la Ferté Millon et Neuilly Saint-Front, dans l’Aisne. A 115 m, sur une côte des bâtiments agricoles construits dans toute la raideur de l’insolent après-guerre s’alignent sur la monotonie d’un paysage labouré. Le vestige dépasse, laissant l’empreinte d’une occupation séculaire, elle ne surprend personne. Ceci n’est pas un château fort, mais le donjon d’une abbaye fortifiée. La construction de la tour, appartient plutôt à la fin du XIVe, au moins pour ce qu’il subsiste avec ces éléments décoratifs. L’influence des châteaux voisins : La Ferté Millon, Vez, Septmont se lit sur les figures ornementales des ouvertures. Au XVIIe, des bâtiments conventuels encadrent la cour. Rien n’a résisté au temps et aux dernières offensives de 1918, seule la façade Nord de la tour se maintient complète jusqu’à l’entablement, à l’est et au sud se devinent des portions, car le site n’est pas vraiment ouvert. La ferme, clôturée par des murs, laisse peu de recul. Aucune publication, hormis deux cartes postales suffisamment éloquentes pour retracer un état de ruine. La plus ancienne, antérieure à la première guerre mondiale apporte plusieurs détails sur la toiture et l’usage du bâtiment. Le remplissage des ouvertures se constate sur les deux autres façades Est et Ouest qui comportaient également de larges baies géminées. L’acte pourrait être postérieur à la Révolution qui instituât l’impôt lumière en taxant les ouvertures. En Angleterre, la baie géminée valait pour autant de trous générés par les colonnes et croisillons, heureusement pas en France où les fenêtres à meneaux le demeurent toujours. La tour ne semblait plus habitée mais cernée par des baraquements à vocation agricole. Le donjon émergeait d’une cour de ferme et portait encore une toiture à deux pans dans l’axe est-ouest. La tour polygonale arborait toujours son lanterneau surmonté d’un cône en toiture. La fraîcheur ne caractérisait déjà plus l’ensemble.
En septembre 18, oubliée la toiture et le lanterneau, un plan vaguement incliné au raz des faux mâchicoulis couvre l’édifice. Sous la façade Nord les constructions ont disparu, mal en point les bâtiments du XVIIe sont perforés par des trous d’obus. L’abandon plane sur des tas de gravas ou de pierres, la béance des fenêtres soufflées et des portes battantes s’accoutume mal du lustre des abbés. R.C

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Airvault 2013 France (Deux Sèvres)

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Si vous passez, le Thouet y coule sans choix, seulement si vous passez, église, halle, ruelles et château tout en haut.
Tout n’est pas si haut, une vieille enceinte flanquée de quelques tours, dont une à la toiture altière, définissent le profil d’un bourg. Agréable, parfait, prêt à accueillir tous les touristes qui s’abiment dans le nord des Deux Sèvres, à la bordure du Thouarsais et de la Gâtine. Le visiteur, non locataire de chambres d’hôtes, se contente du tour de la fortification, coincé dans une ruelle, collé au vieux mur d’enceinte. L’histoire s’avère plus intéressante que le point de vue. La construction ancienne, avancée au XIe, s’appuierait sur une place gallo-romaine, la voie qui mène de Poitiers vers Angers y passe. La structure n’intègre pas de système défensif raffiné, il faut imaginer un mur suffisamment haut et puissant qui intègre trois tours dont une plus épaisse en guise de donjon. Particularisme des deux tours d’angle bâties sur l’enceinte, leur façade intérieure monte sur un grand arc de décharge en appui sur la muraille. Le dispositif ne se perçoit pas de l’extérieur, maintenant les deux tours sont ruinées sur leur couronnement. Seule la tour porche, côté ville arbore une élégante toiture en lanterneau, certains y distinguent des vestiges défensifs : pont-levis et de herse, aujourd’hui un molosse braillard fait l’affaire ! Les bâtiments intérieurs ont été posés dans la cour entre le XIVe et le XVe, se substituant à d’autres. Tout paraît rénové, la grande basse-cour se remplit de pelouses et d’allées de graviers. La galerie des portraits débute en 1207 avec Philippe Auguste qui assaille et conquiert lors de sa quête pour récupérer l’Aquitaine et l’Anjou. Pendant les guerres de religion, à Moncontour (commune voisine) les réformés s’y prennent une volée, Ysoré, baron d’Airvault, soutient les catholiques du duc d’Anjou, futur Henri III, son père avait déjà accueilli Charles IX quatre ans auparavant en 1565. Avant de décamper, Coligny, chef des calvinistes, se venge en incendiant le château. S’ensuit la longue période de ruine et d’abandon avant la reprise au début du XXe puis l’occupation actuelle. Fin de l’histoire. R.C.

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Montpensier 2013 France (Vienne)

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Le Montpensier dont je parle se situe entre la Touraine et le Poitou près de Vézières. La tour est énorme, s’avance au milieu du champ, traînant derrière elle des moignons de constructions avec leurs arrachements. Démoli ou pas fini, un tout fort disgracieux, une laideur intéressante. Vestiges reconstruits récemment depuis le rachat en 1981 d’une ruine d’incendie en 1948, le château subissait une restauration. Les bâtiments d’habitation se prolongeaient de part et d’autre du donjon, il n’en subsiste plus qu’un petit tronçon. Docteur Jekill & Mr. Hyde selon votre goût, au nord pour la bestialité du Moyen-âge ou la gentilhommière renaissance côté Sud. La petite façade, s’efface derrière une monumentale tour d’escalier polygonale alourdit par son couronnement. Un imposant parallélogramme contenant une salle simplement accessible par une tourelle greffée au mur Ouest, comme une guette ou un pigeonnier, ce que j’ai lu. Le site ne se visite pas, la propriété est privée depuis l’allée. D’autres constructions sans intérêt particulier font office de communs. Le donjon, approximativement daté de la fin du XIIIe, se transforme en habitation avec le percement de quatre grandes fenêtres lors de la reconstruction du château à la fin du XVe. Au cœur du royaume la préoccupation défensive s’estompe au profit du décorum résidentiel, dans les régions plus frontalières les archères se muent encore en bouches à feu. A la fin du XIIIe, la seigneurie appartient encore à Vincent de Monpancier, elle passe 150 années avec les Bornand puis ils la cèdent aux Bourbon au XVe siècle. Vers 1466, Louis bâtard de bourbon s’illustre dans plusieurs batailles, il « parvient » en épousant une fille de Louis XI. Enrichi, il aménage son logis, l’arrangement du donjon vers 1480 se déroule sous son rôle. Il disparaît en 1488, la suite de l’histoire du château m’est inconnue jusqu’au début du XXe siècle. RC

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Haut-Koenigsbourg 2016 France (Alsace)

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Avertissement au lecteur : cet article est une uchronie, une interprétation de ce que pourrait être ce château aujourd’hui si…..

La longue construction s’étire sur son socle granitique, à plus de 730 m l’imposante forteresse impériale domine encore l’entrée du Val de Villé. Depuis plus de quatre siècles, Le plus fort et le plus gros des châteaux d’Alsace se laisse doucement digérer par la forêt de pins qui l’entoure, certains plus hardis ont pris racines sur les hautes murailles. Quelques touristes courageux empruntent le sentier du Club Vosgien pendant une bonne heure en sous bois. Bravant le risque de se fouler une cheville, ils parcourent cet immense pierrier pour admirer cette longue courtine toujours dressée à plus de 10 m. Je m’y suis rendu plusieurs fois. La première, au terme d’une longue marche depuis le Hang au dessus de Saales, nous avions dormi dans la vallée, à La Vancelle, j’étais adolescent. La seconde fois, l’ascension s’est déroulée dans la brume, la couverture nuageuse très dense entourait le sommet, le vaisseau de pierres rose semblait pouvoir rejoindre La Lorraine. Lors de ma dernière virée sur la colline, j’ai parcouru l’éperon d’est en ouest pour visiter l’Oedenbourg ; à peine un jet de pierre le distance du gros bastion Ouest. Une belle pièce d’artillerie, les deux formidables tours barrent l’accès à l’éperon, tout est en état, la courtine qui les relie conserve une partie de ses corbeaux. A l’intérieur, des blocs jonchent le sol de la basse cour, des arbres y poussent, devant moi se dresse toujours l’imposante masse du palais qui enserre le donjon. Depuis le grand incendie d’octobre 1918, le site est resté fermé pendant plus de 30 ans, dans l’espoir d’une ultime reconstruction. Ouvert à tous les vents, entendu ceux du vandalisme, qui croirait à la restauration de Bodo Ebhardt de 1901 à 1908, Dix petites années de splendeurs et l’oubli revenu, à nouveau seuls dans la nuit et le brouillard, les blocs de grès libérés de leur appareil rejoignent pesamment la roche mère. Heureux Alsaciens allemands qui venez contempler la forteresse, aujourd’hui, remémorons-nous les images romantiques en arpentant ces ruines moyenâgeuses agrémentées du confort hygiéniste du XXe.
Pour celui qui ne connaîtrait pas l’histoire récente, confrontation perturbante sur le mur Est du donjon, où une succession de réservoirs de chasse d’eau côtoie une verticale de manteaux de cheminées du XVe, unis dans le délabrement. Toutes les superstructures en bois ont disparu, brulées récupérées. Pendant la seconde guerre mondiale, lors de l’épisode de la poche de Colmar, un groupe de Nazis s’y était installé. L’histoire se répète, un seigneur pillard s’était fait délogé en 1462 par les troupes de la coalition des villes de Bâle, Colmar et Strasbourg, le château est détruit. Repris par les Thierstein en 1479, les nouvelles fortifications s’adaptent à l’artillerie, construction du gros bastion Ouest, renforcement des courtines et élévation d’une seconde enceinte. Les imposants vestiges datent principalement de cette période, les ajouts décriés de la dernière restauration concernent simplement des détails dans l’aménagement intérieur ainsi que des éléments décoratifs qui accentuaient le romantisme médiéval. Fondus dans la masse ruinée, Ils appartiennent maintenant au Moyen-âge. Lorsque les Thierstein s’éteignent, perclus de dettes, l’empereur reprend le site et fait construire à l’est le Bastion en étoile. Les coûts d’entretien sonnent le glas de la forteresse, l’empereur s’en désintéresse, survient la Guerre de Trente ans, une pauvre garnison dans un château délabré résiste en vain pendant 52 jours. Un incendie achève le travail. La vieille histoire débutée au milieu du XIIe, avec Frédéric le Borgne, s’est poursuivie avec Frédéric Barberousse, puis avec le duc de Lorraine au XIIIe et les Ratsamhausen, jusqu’au XVe lorsque des seigneurs pillards investissent la place. Choix cornélien pour le Conseil Général du Haut Rhin qui a dû arbitrer pour la restauration du Holandsbourg, au détriment du Koenigsbourg. J’imagine aisément la configuration du site avec une route d’accès, des flux incessants d’automobiles et d’autocars dont le trafic est régulé par des feux tricolores… à 700m, en pleine forêt ! Il y aurait une buvette, un restaurant à la choucroute sans saveur et une guitoune pour le visitor center. R.C.

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