Oedenburg 2008 France (Alsace)

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A l’ombre du grand, loin des cohortes, quelques centaines de mètres, marchant vers l’ouest les randonneurs croisent les ruines du Petit Koenigsbourg. Planqué dans la forêt, le site est clos d’un grillage, les plus intéressés le franchiront allègrement. Des fouilles sont en cours, comme d’habitude à la vue de l’engagement des travaux, elles semblent suspendues depuis de longues années. 200 mètres séparent les deux constructions, aucun lien, aucune enceinte commune, deux hypothèses se présentent. Un poste avancé pour occuper toute la crête ou un ouvrage de siège. Les premières traces datent de 1250, le duc de Lorraine fait établir un fortin sur le rocher le plus élevé au bout de la ligne de crête. A l’origine, entourée d’un mur, une tour carrée dont la porte principale se situe sur le côté Ouest, et le demeure. Aujourd’hui très ruinée, il ne reste plus que la base de la tour en gros moellons irréguliers. Au début du XIVe, les Landgraves de Werd récupèrent le site tout en maintenant un lien de vassalité avec les Lorrains. Le château prend sa forme actuelle avec l’extension du palais vers l’est, la courtine enjambe l’ancien fossé. Les fortifications sont déplacées et renforcées, notamment les courtines Nord et Ouest, la porte d’accès est défendue par un ouvrage en souricière. Pendant le XVe, élévation d’une vaste enceinte protégeant la basse-cour qui s’étend au sud. Pour l’anecdote, dans un acte de propriété de 1417 le site est baptisé Oedenbourg qui signifie « château désert », cette lettre destinée aux Rathsamausen leur ouvre des droits sur le site du Koenigsbourg, en fait il s’agirait du grand château. L’abandon survient vraisemblablement au début du XVIe. La ruine à belle allure, le corps principal du palais comporte plusieurs particularités, en faire le tour est très instructif. Imposante face Sud percée de plusieurs ouvertures, deux baies en ogive conservent quelques colonnettes décoratives engagées dans les jambages, à côté un large trou béant surmonté d’un arc signifiait une grande fenêtre géminée du type Landsberg. Contournez le rocher vers l’est, côté Haut Koenigsbourg c’est plus facile, l’éperon a été taillé, passez dans le fossé au pied du mur bouclier, difficile d’éviter l’ostentatoire petit arc de décharge qui enjambe une faille. Envers de décors au nord, là aussi un arc de décharge étaie la muraille surplombant l’ancien fossé. De multiples ouvertures égaient un austère pan de muraille. Plusieurs corbeaux encadrent deux poternes superposées, un ouvrage en bois façon hourd les reliait-il, avec quelle fonction : bretèche, latrine, escalier extérieur ? Vers l’ouest, une autre baie géminée couverte d’un arc en plein cintre a été murée. Vous remarquerez que l’ouvrage ne comporte pas d’archères, aucun percement pour l’artillerie, surtout de larges ouvertures réparties sur les deux principales façades. Le décorum prédomine également dans l’appareil, de la pierre à bossage sur la face principale et le mur bouclier, remarquable ajustage de maçonnerie autour du rocher dont certains blocs quasi sculpturaux émergent du mur. Vers l’est sur la continuité de l’éperon, enfouis sous les lichens et la mousse, des vestiges de murs, des bases d’habitations, les derniers aménagements datés de la fin du XVe. R. C.

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