Le livre, pour les fêtes

anasha-ruine-r-crozatVue des ruines du château d’Anasha

LE LIVRE

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Si vous aimez les ruines, l’histoire médiévale, l’aventure hors des sentiers battus.
Découvrez l’histoire de 80 châteaux en Turquie sur la route des croisades, dans l’ancien royaume arménien de Cilicie, sur les pas des Byzantins et des Mamelouks.
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Marizy St Mard 2011 France (Aisne)

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Marizy Saint-Mard est à deux kilomètres de Marizy Sainte-Geneviève, entre la Ferté Millon et Neuilly Saint-Front, dans l’Aisne. A 115 m, sur une côte des bâtiments agricoles construits dans toute la raideur de l’insolent après-guerre s’alignent sur la monotonie d’un paysage labouré. Le vestige dépasse, laissant l’empreinte d’une occupation séculaire, elle ne surprend personne. Ceci n’est pas un château fort, mais le donjon d’une abbaye fortifiée. La construction de la tour, appartient plutôt à la fin du XIVe, au moins pour ce qu’il subsiste avec ces éléments décoratifs. L’influence des châteaux voisins : La Ferté Millon, Vez, Septmont se lit sur les figures ornementales des ouvertures. Au XVIIe, des bâtiments conventuels encadrent la cour. Rien n’a résisté au temps et aux dernières offensives de 1918, seule la façade Nord de la tour se maintient complète jusqu’à l’entablement, à l’est et au sud se devinent des portions, car le site n’est pas vraiment ouvert. La ferme, clôturée par des murs, laisse peu de recul. Aucune publication, hormis deux cartes postales suffisamment éloquentes pour retracer un état de ruine. La plus ancienne, antérieure à la première guerre mondiale apporte plusieurs détails sur la toiture et l’usage du bâtiment. Le remplissage des ouvertures se constate sur les deux autres façades Est et Ouest qui comportaient également de larges baies géminées. L’acte pourrait être postérieur à la Révolution qui instituât l’impôt lumière en taxant les ouvertures. En Angleterre, la baie géminée valait pour autant de trous générés par les colonnes et croisillons, heureusement pas en France où les fenêtres à meneaux le demeurent toujours. La tour ne semblait plus habitée mais cernée par des baraquements à vocation agricole. Le donjon émergeait d’une cour de ferme et portait encore une toiture à deux pans dans l’axe est-ouest. La tour polygonale arborait toujours son lanterneau surmonté d’un cône en toiture. La fraîcheur ne caractérisait déjà plus l’ensemble.
En septembre 18, oubliée la toiture et le lanterneau, un plan vaguement incliné au raz des faux mâchicoulis couvre l’édifice. Sous la façade Nord les constructions ont disparu, mal en point les bâtiments du XVIIe sont perforés par des trous d’obus. L’abandon plane sur des tas de gravas ou de pierres, la béance des fenêtres soufflées et des portes battantes s’accoutume mal du lustre des abbés. R.C

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Airvault 2013 France (Deux Sèvres)

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Si vous passez, le Thouet y coule sans choix, seulement si vous passez, église, halle, ruelles et château tout en haut.
Tout n’est pas si haut, une vieille enceinte flanquée de quelques tours, dont une à la toiture altière, définissent le profil d’un bourg. Agréable, parfait, prêt à accueillir tous les touristes qui s’abiment dans le nord des Deux Sèvres, à la bordure du Thouarsais et de la Gâtine. Le visiteur, non locataire de chambres d’hôtes, se contente du tour de la fortification, coincé dans une ruelle, collé au vieux mur d’enceinte. L’histoire s’avère plus intéressante que le point de vue. La construction ancienne, avancée au XIe, s’appuierait sur une place gallo-romaine, la voie qui mène de Poitiers vers Angers y passe. La structure n’intègre pas de système défensif raffiné, il faut imaginer un mur suffisamment haut et puissant qui intègre trois tours dont une plus épaisse en guise de donjon. Particularisme des deux tours d’angle bâties sur l’enceinte, leur façade intérieure monte sur un grand arc de décharge en appui sur la muraille. Le dispositif ne se perçoit pas de l’extérieur, maintenant les deux tours sont ruinées sur leur couronnement. Seule la tour porche, côté ville arbore une élégante toiture en lanterneau, certains y distinguent des vestiges défensifs : pont-levis et de herse, aujourd’hui un molosse braillard fait l’affaire ! Les bâtiments intérieurs ont été posés dans la cour entre le XIVe et le XVe, se substituant à d’autres. Tout paraît rénové, la grande basse-cour se remplit de pelouses et d’allées de graviers. La galerie des portraits débute en 1207 avec Philippe Auguste qui assaille et conquiert lors de sa quête pour récupérer l’Aquitaine et l’Anjou. Pendant les guerres de religion, à Moncontour (commune voisine) les réformés s’y prennent une volée, Ysoré, baron d’Airvault, soutient les catholiques du duc d’Anjou, futur Henri III, son père avait déjà accueilli Charles IX quatre ans auparavant en 1565. Avant de décamper, Coligny, chef des calvinistes, se venge en incendiant le château. S’ensuit la longue période de ruine et d’abandon avant la reprise au début du XXe puis l’occupation actuelle. Fin de l’histoire. R.C.

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Montpensier 2013 France (Vienne)

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Le Montpensier dont je parle se situe entre la Touraine et le Poitou près de Vézières. La tour est énorme, s’avance au milieu du champ, traînant derrière elle des moignons de constructions avec leurs arrachements. Démoli ou pas fini, un tout fort disgracieux, une laideur intéressante. Vestiges reconstruits récemment depuis le rachat en 1981 d’une ruine d’incendie en 1948, le château subissait une restauration. Les bâtiments d’habitation se prolongeaient de part et d’autre du donjon, il n’en subsiste plus qu’un petit tronçon. Docteur Jekill & Mr. Hyde selon votre goût, au nord pour la bestialité du Moyen-âge ou la gentilhommière renaissance côté Sud. La petite façade, s’efface derrière une monumentale tour d’escalier polygonale alourdit par son couronnement. Un imposant parallélogramme contenant une salle simplement accessible par une tourelle greffée au mur Ouest, comme une guette ou un pigeonnier, ce que j’ai lu. Le site ne se visite pas, la propriété est privée depuis l’allée. D’autres constructions sans intérêt particulier font office de communs. Le donjon, approximativement daté de la fin du XIIIe, se transforme en habitation avec le percement de quatre grandes fenêtres lors de la reconstruction du château à la fin du XVe. Au cœur du royaume la préoccupation défensive s’estompe au profit du décorum résidentiel, dans les régions plus frontalières les archères se muent encore en bouches à feu. A la fin du XIIIe, la seigneurie appartient encore à Vincent de Monpancier, elle passe 150 années avec les Bornand puis ils la cèdent aux Bourbon au XVe siècle. Vers 1466, Louis bâtard de bourbon s’illustre dans plusieurs batailles, il « parvient » en épousant une fille de Louis XI. Enrichi, il aménage son logis, l’arrangement du donjon vers 1480 se déroule sous son rôle. Il disparaît en 1488, la suite de l’histoire du château m’est inconnue jusqu’au début du XXe siècle. RC

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Haut-Koenigsbourg 2016 France (Alsace)

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Avertissement au lecteur : cet article est une uchronie, une interprétation de ce que pourrait être ce château aujourd’hui si…..

La longue construction s’étire sur son socle granitique, à plus de 730 m l’imposante forteresse impériale domine encore l’entrée du Val de Villé. Depuis plus de quatre siècles, Le plus fort et le plus gros des châteaux d’Alsace se laisse doucement digérer par la forêt de pins qui l’entoure, certains plus hardis ont pris racines sur les hautes murailles. Quelques touristes courageux empruntent le sentier du Club Vosgien pendant une bonne heure en sous bois. Bravant le risque de se fouler une cheville, ils parcourent cet immense pierrier pour admirer cette longue courtine toujours dressée à plus de 10 m. Je m’y suis rendu plusieurs fois. La première, au terme d’une longue marche depuis le Hang au dessus de Saales, nous avions dormi dans la vallée, à La Vancelle, j’étais adolescent. La seconde fois, l’ascension s’est déroulée dans la brume, la couverture nuageuse très dense entourait le sommet, le vaisseau de pierres rose semblait pouvoir rejoindre La Lorraine. Lors de ma dernière virée sur la colline, j’ai parcouru l’éperon d’est en ouest pour visiter l’Oedenbourg ; à peine un jet de pierre le distance du gros bastion Ouest. Une belle pièce d’artillerie, les deux formidables tours barrent l’accès à l’éperon, tout est en état, la courtine qui les relie conserve une partie de ses corbeaux. A l’intérieur, des blocs jonchent le sol de la basse cour, des arbres y poussent, devant moi se dresse toujours l’imposante masse du palais qui enserre le donjon. Depuis le grand incendie d’octobre 1918, le site est resté fermé pendant plus de 30 ans, dans l’espoir d’une ultime reconstruction. Ouvert à tous les vents, entendu ceux du vandalisme, qui croirait à la restauration de Bodo Ebhardt de 1901 à 1908, Dix petites années de splendeurs et l’oubli revenu, à nouveau seuls dans la nuit et le brouillard, les blocs de grès libérés de leur appareil rejoignent pesamment la roche mère. Heureux Alsaciens allemands qui venez contempler la forteresse, aujourd’hui, remémorons-nous les images romantiques en arpentant ces ruines moyenâgeuses agrémentées du confort hygiéniste du XXe.
Pour celui qui ne connaîtrait pas l’histoire récente, confrontation perturbante sur le mur Est du donjon, où une succession de réservoirs de chasse d’eau côtoie une verticale de manteaux de cheminées du XVe, unis dans le délabrement. Toutes les superstructures en bois ont disparu, brulées récupérées. Pendant la seconde guerre mondiale, lors de l’épisode de la poche de Colmar, un groupe de Nazis s’y était installé. L’histoire se répète, un seigneur pillard s’était fait délogé en 1462 par les troupes de la coalition des villes de Bâle, Colmar et Strasbourg, le château est détruit. Repris par les Thierstein en 1479, les nouvelles fortifications s’adaptent à l’artillerie, construction du gros bastion Ouest, renforcement des courtines et élévation d’une seconde enceinte. Les imposants vestiges datent principalement de cette période, les ajouts décriés de la dernière restauration concernent simplement des détails dans l’aménagement intérieur ainsi que des éléments décoratifs qui accentuaient le romantisme médiéval. Fondus dans la masse ruinée, Ils appartiennent maintenant au Moyen-âge. Lorsque les Thierstein s’éteignent, perclus de dettes, l’empereur reprend le site et fait construire à l’est le Bastion en étoile. Les coûts d’entretien sonnent le glas de la forteresse, l’empereur s’en désintéresse, survient la Guerre de Trente ans, une pauvre garnison dans un château délabré résiste en vain pendant 52 jours. Un incendie achève le travail. La vieille histoire débutée au milieu du XIIe, avec Frédéric le Borgne, s’est poursuivie avec Frédéric Barberousse, puis avec le duc de Lorraine au XIIIe et les Ratsamhausen, jusqu’au XVe lorsque des seigneurs pillards investissent la place. Choix cornélien pour le Conseil Général du Haut Rhin qui a dû arbitrer pour la restauration du Holandsbourg, au détriment du Koenigsbourg. J’imagine aisément la configuration du site avec une route d’accès, des flux incessants d’automobiles et d’autocars dont le trafic est régulé par des feux tricolores… à 700m, en pleine forêt ! Il y aurait une buvette, un restaurant à la choucroute sans saveur et une guitoune pour le visitor center. R.C.

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Le livre : Châteaux oubliés et cités disparues / Sur les routes de l’Orient

Juin 2016 Nous sommes revenus d’un nouveau voyage, durant 15 jours nous avons sillonné la plaine de Cilicie et les montagnes du Taurus jusqu’au plateau anatolien. Pistes et sentiers pour rejoindre des ruines inconnues perchées sur des rochers ou dissimulées au fond d’étroites vallées.En voici un extrait illustré

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« 10 années de collectes, d’investigations, une niche dans un travail de fond entamé depuis plus d’une trentaine d’années : les châteaux, plutôt forts, surtout en ruine ! La France ne suffisant pas il fallait aller plus loin, là où je ne risquais pas de rencontrer des touristes et des animateurs déguisés en lépreux ou en chevaliers. En 2005 j’effectuais mon premier voyage en Cilicie (Turquie du sud-est), je tombais dans des paysages couronnés de ruines byzantines et médiévales, jamais fouillées et à peine recensées. Mêmes mes ruines alsaciennes me paraissaient fades. »

Un carnet de voyage qui se révèle aussi un guide, il vous emmène sur la route des croisades, à la découverte de l’éphémère royaume de la Petite Arménie, jusqu’aux rives de l’Euphrate et au-delà.
340 pages d’aventure, d’histoire, d’archéologie, illustrées de dessins originaux, de photos et de textes augmentés de centaines de photos légendées disponibles simultanément en ligne.
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Passy les tours 1993 France (Nièvre)

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A l’orée de la forêt de Bertranges, au sud de la Puisaye, Pouilly n’est pas loin, plus bas c’est Nevers, au delà du fleuve s’étend la Sologne, après Varzy, avant la Charité, dans la commune de Varennes les Narcy, git le hameau de Passy les Tours. Un coin perdu, tellement oublié que j’en avais omis le nom, au hasard de mes recherche j’ai retrouvé une photo semblable à la mienne, a priori 15 années séparent mon cliché de ce dernier, pourtant rien ne diffère. Enfin j’avais retrouvé le nom et la localisation de cette belle ruine engagée dans une généreuse végétation ! Il faut s’imaginer que ce que nous voyons aujourd’hui, certes la façade principale, ne représente que le quart Sud-Est des remparts. Inutile de vous préciser que je ne me rappelle plus de ma visite. Beaucoup de ronces. L’histoire commencerait au XIVe sur les fondations d’une ferme fortifiée pour s’achever pendant les guerres de religions en 1569, un incendie attribué aux troupes huguenotes installées autour de la Charité sur Loire.
Défensives, les premières occupations et fonctions du château restent liées aux vicissitudes de la Guerre de cent ans. La place fortifiée protège le comté de Nevers, l’importance de la construction, ainsi que les soins apportés à nombre de détails architecturaux permettent d’allouer cette résidence à un personnage doté d’un bon magot. Constat, à la fin du XIVe la seigneurie appartient à Jean de Chevenon, l’un des écuyers les plus riches du royaume. Vers 1420, Perrinet Gressart, un routier réputé l’occupe pour défendre la Charité, s’ensuit un long procès qui attribue la succession des Chevenon à Héliette Girard, au milieu du XVe. Le château demeure dans la famille jusqu’à son incendie. Le pillage ou le recyclage des pierres est parfaitement attribué et daté : 1642 constaté en état de ruine, prélèvement pour la construction du temple de Crot Guillot, détruit 40 ans plus tard au profit de l’Hôtel Dieu de la Charité, milieu du XIXe démolition de la tour Sud-Ouest pour l’édification d’un bâtiment agricole, 1860 construction d’une maison à Passy pour le compte du même exploitant agricole.
Le grand quadrilatère était parfait, flanqué de quatre grosses tours rondes à l’image de celle restante. Il subsiste la base de la Nord-Ouest dans les broussailles. La part des logis se concentre dans le quart Sud-Est dont une grande partie constitue les ruines actuelles. Sur la face Sud, la tour porche orné de deux tourelles en encorbellement protège un passage voûté donnant l’accès à une vaste basse cour, les étages des logis sont desservis par une tour d’escalier hexagonale. Les ouvertures, le traitement des modénatures des fenêtres, les mâchicoulis ostentatoires, les supports de tourelles et d’échauguettes évoquent déjà la fin d’une époque, appelant celle des premiers châteaux forts résidence de Louis d’Orléans à Pierrefonds ou à la Ferté Milon. Tous les artifices militaires sont en place, donjon porte, hautes courtines, tours ressorties, archères, douves en eau alimentée par un ruisseau. Implanté en contrebas du village le château était entouré de terres marécageuses. R.C.

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